Sénégal : Deux procédures autour de la transmission volontaire du VIH

Les enquêtes judiciaires récemment ouvertes autour de la transmission volontaire du VIH ont relancé le débat public sur l’application du droit pénal sénégalais en matière de mœurs. Deux procédures distinctes, souvent rapprochées à tort, sont aujourd’hui traitées séparément par les autorités, même si certaines qualifications pénales identiques apparaissent dans les dossiers.

Une première procédure avec douze interpellations

La première procédure vise un animateur de télévision connu, Pape Cheikh Diallo, ainsi que plusieurs autres personnes, dont un chanteur. Douze personnes ont été interpellées dans le cadre de cette enquête. Les tests de dépistage effectués indiquent que six personnes ont été déclarées séropositives, deux sont en attente de confirmation médicale et quatre ont été déclarées séronégatives. Les autorités judiciaires analysent les circonstances des faits reprochés, notamment les conditions dans lesquelles les relations se seraient déroulées.

Selon le Code pénal sénégalais, certaines pratiques sexuelles demeurent des infractions. Lorsque des faits présumés de transmission volontaire du VIH sont associés à des relations pénalement répréhensibles, les enquêteurs peuvent être amenés à examiner plusieurs qualifications, dans le respect strict de la procédure et de la présomption d’innocence.

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Affaire Pierre Robert, réseau criminel transnational

La seconde procédure, sans lien avec la première, concerne le Français Pierre Robert, arrêté en avril 2025 à Beauvais. Les faits qui lui sont reprochés relèvent de crimes sexuels sur mineurs, de proxénétisme en bande organisée et de transmission volontaire du VIH, dans le cadre d’un réseau structuré opérant entre la France et le Sénégal.

Les éléments communiqués par les services d’enquête indiquent que le mis en cause disposait de biens immobiliers au Sénégal et aurait recruté localement des individus chargés d’exploiter sexuellement des mineurs, de filmer les actes et de transmettre les contenus en échange d’argent. Dans le cadre d’une commission rogatoire internationale, la Division des investigations criminelles a procédé à l’arrestation de quatorze personnes entre Dakar et Kaolack, dont quatre identifiées comme recruteurs. Les faits concernent des adolescents âgés de 13 à 17 ans, avec l’exploitation de nombreux contenus vidéo.

Ces affaires rappellent que les infractions liées à la transmission volontaire du VIH peuvent être examinées parallèlement à d’autres qualifications prévues par le droit pénal sénégalais lorsque les faits le justifient. Elles soulignent également la nécessité de distinguer clairement les procédures, afin d’éviter tout amalgame, dans l’attente des décisions de justice à venir.

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