L’arrivée de l’internet satellitaire de Starlink au Sénégal ne laisse pas indifférent. Alors que les premières installations ont commencé à être livrées aux usagers en ce début d’année, les syndicats des principaux opérateurs télécoms haussent le ton et réclament des clarifications sur les conditions d’entrée de l’entreprise américaine sur le marché national.
Sonatel, Yas, et Expresso au cœur des interrogations sur les licences
Face à cette évolution rapide du paysage numérique, la Coordination des syndicats des opérateurs télécoms est sortie de sa réserve. Elle regroupe le Syndicat des travailleurs de Sonatel (Syts), les sections Sonatel et Expresso du Syndicat national des travailleurs des Postes et télécommunications du Sénégal (Sntpt), ainsi que le Syndicat national des travailleurs de Sentel (Yas).
Dans un communiqué relayé par Seneweb, ces organisations syndicales disent vouloir comprendre les modalités précises ayant permis à Starlink d’opérer au Sénégal. Elles s’interrogent notamment sur le montant acquitté pour accéder au marché national et sur l’absence d’appel d’offres public. Elles demandent également sous quel régime d’exploitation l’entreprise exerce ses activités et quelle nature de licence lui a été accordée.
Autre point soulevé : le contenu du cahier des charges. Les syndicats souhaitent savoir si l’entreprise est considérée par les autorités comme un fournisseur d’accès à internet comparable aux opérateurs historiques tels que Sonatel, Yas et Expresso, ou si elle relève d’une catégorie distincte, au même titre que d’autres fournisseurs d’accès plus spécialisés.
Souveraineté numérique Sénégal en question
Les syndicats affirment ne pas contester le principe de la concurrence. Ils disent plutôt vouloir s’assurer que les règles appliquées à tous les acteurs du secteur des télécommunications soient respectées de manière équitable. Ils estiment que l’État communique habituellement sur les montants des licences octroyées aux opérateurs et fournisseurs d’accès, et demandent que les mêmes informations soient rendues publiques concernant Starlink.
Pour eux, la question dépasse la seule compétition commerciale. Ils évoquent la nécessité de défendre les intérêts nationaux dans un secteur jugé stratégique pour le développement économique et technologique du pays. Ils annoncent ainsi la mise en place prochaine d’un Front national pour la transparence et la souveraineté numérique. Des rencontres avec les acteurs du numérique, des représentants de la société civile et d’autres composantes nationales sont également prévues dans les jours à venir.
Cette prise de position intervient alors que le marché sénégalais des télécommunications connaît une phase de transformation rapide, marquée par l’émergence de nouvelles technologies et de nouveaux acteurs internationaux.



