Le président de la Confédération africaine de football (CAF), Patrice Motsepe, a annoncé ce vendredi 13 février 2026, lors de l’assemblée générale tenue à Dar es-Salaam en Tanzanie, une révision en profondeur du règlement intérieur de l’instance. Cette décision intervient après les incidents qui ont marqué la finale de la CAN 2025 opposant le Sénégal au Maroc, le 18 janvier dernier à Rabat. La CAF entend désormais se doter d’un arsenal disciplinaire plus strict, capable de prévenir tout débordement futur lors de ses compétitions. L’enjeu est considérable : permettre au football continental d’aborder la prochaine édition de la compétition, prévue en Afrique de l’Est en 2027, avec un cadre réglementaire renforcé.
Le football africain se trouve à un moment charnière. Alors que la CAN 2025 organisée par le Maroc avait été saluée pour la qualité de ses infrastructures et son succès populaire, la soirée du 18 janvier a pris une tournure inattendue. En prenant la parole devant les membres du Comité exécutif réunis en Tanzanie, Patrice Motsepe a indiqué la direction que compte emprunter la confédération. Le dirigeant sud-africain a annoncé une politique de « tolérance zéro » applicable aussi bien aux comportements en tribune qu’aux agissements des équipes et de leurs staffs sur la pelouse.
Motsepe annonce des sanctions renforcées pour le football africain
La réforme annoncée par le patron de la CAF vise à faire évoluer le dispositif disciplinaire actuel. Les sanctions prononcées fin janvier par la commission de discipline, à la suite de la finale, avaient suscité des réactions partagées parmi les observateurs du continent. Le Sénégal s’était vu infliger une amende globale de 515 000 euros, assortie de suspensions individuelles pour le sélectionneur Pape Thiaw (cinq matchs) ainsi que pour les attaquants Iliman Ndiaye et Ismaïla Sarr (deux matchs chacun). Du côté marocain, la Fédération royale marocaine de football avait écopé d’amendes totalisant environ 315 000 dollars, tandis qu’Ismaël Saibari et Achraf Hakimi avaient été suspendus respectivement pour trois et deux rencontres officielles. Motsepe lui-même avait publié un communiqué suggérant que ces mesures ne correspondaient pas nécessairement à l’ampleur des faits. L’amendement du règlement intérieur doit désormais permettre à l’institution d’imposer des peines proportionnées aux infractions les plus significatives, en élargissant les pouvoirs de ses organes disciplinaires.
Finale CAN 2025 Sénégal – Maroc : retour sur les événements du stade de Rabat
Le stade Prince Moulay Abdallah de Rabat accueillait ce soir-là un dénouement historique entre les Lions de la Teranga et les Lions de l’Atlas. Alors que le score affichait 0-0 dans les arrêts de jeu du temps réglementaire, l’arbitre congolais Jean-Jacques Ndala Ngambo a d’abord refusé un but au Sénégal avant d’accorder, après consultation de la VAR, un penalty en faveur du Maroc. Cette double décision a entraîné une série d’événements inhabituels dans l’histoire de la compétition. Le sélectionneur sénégalais Pape Thiaw a demandé à ses joueurs de quitter la pelouse en signe de protestation, une décision contraire aux règles du jeu qui prévoient que toute contestation arbitrale doit intervenir après la rencontre. Seul Sadio Mané est resté sur le terrain, et c’est finalement à son initiative que ses coéquipiers ont accepté de reprendre le jeu. En parallèle, des supporters sénégalais ont tenté d’envahir le terrain pendant près d’un quart d’heure, tandis que des joueurs et membres du staff marocain étaient sanctionnés pour avoir pénétré dans la zone d’examen de la VAR et pour l’incident impliquant la serviette du gardien Edouard Mendy, retirée par des ramasseurs de balles. Le Sénégal a finalement remporté la rencontre 1-0 après prolongations.
Réforme de la CAF : vers un nouveau cadre disciplinaire pour la CAN 2027
Au-delà du durcissement annoncé, cette assemblée générale a également été l’occasion pour Motsepe d’évoquer d’autres chantiers structurels, notamment l’élargissement possible du nombre de participants à la CAN, de 24 à 28 équipes dès l’édition 2029. La prochaine édition, coorganisée par la Tanzanie, le Kenya et l’Ouganda, reste quant à elle maintenue pour juin-juillet 2027, malgré les interrogations soulevées par la presse britannique concernant des retards d’infrastructures et le calendrier électoral kenyan. Motsepe a écarté ces interrogations, assurant que les défis logistiques seraient surmontés dans les délais. En parallèle, la Fédération marocaine a officiellement fait appel des sanctions prononcées à son encontre, et la possibilité d’une saisine du Tribunal arbitral du sport (TAS) a été évoquée. Ce recours pourrait ouvrir un nouveau volet juridique dans ce dossier, alors que la CAF cherche précisément à affirmer sa souveraineté en matière disciplinaire. La refonte réglementaire annoncée par Motsepe devra se traduire en dispositifs concrets pour accompagner l’évolution du football continental dans les mois à venir.
