Sénégal : UCAD, les étudiants interpellent le Président de la République

La tension reste vive à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Quelques jours après le décès de l’étudiant Abdoulaye Bâ, l’Amicale des étudiants de la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odontologie (FMPO) a publié un communiqué ferme, rejetant la suspension des amicales décidée par le Conseil académique et annonçant l’arrêt des activités pédagogiques au sein de la faculté. Le document, daté du 15 février 2026 et signé par son président Cheikh Atab Sagna, marque une nouvelle étape dans la crise universitaire déclenchée par les événements du 09 février.

Décès de Abdoulaye Bâ, tensions entre étudiants et autorités

Lundi dernier février, la mort d’un étudiant à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar a suscité une vive émotion à travers le pays. Face à la gravité de la situation, le gouvernement a réuni la presse à la Primature afin de présenter des éléments d’explication et d’annoncer l’ouverture d’enquêtes. Plusieurs ministres se sont exprimés, traduisant la sensibilité du dossier et la volonté affichée d’établir les responsabilités.

Dans son communiqué, l’Amicale de la FMPO fait part de son incompréhension après les déclarations du Procureur ayant évoqué des « affrontements » lors des incidents. L’organisation étudiante estime que les images circulant sur les réseaux sociaux montreraient plutôt une intervention des forces de défense et de sécurité visant des étudiants.

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Elle souligne également que l’autopsie, réalisée selon ses termes par des professionnels de santé assermentés, aurait conclu à l’existence de polytraumatismes graves. Cette divergence entre les conclusions médicales évoquées et la version judiciaire présentée publiquement nourrit la contestation au sein de la communauté universitaire et médicale.

Suspension des amicales et arrêt des cours

Au-delà de la question des circonstances du décès, l’Amicale rejette la décision du Conseil académique suspendant les amicales étudiantes. Elle affirme être la structure légalement reconnue pour défendre les étudiants de la faculté, en vertu du décret de 1968 régissant son existence, et considère la mesure comme arbitraire.

Dans la foulée, elle annonce qu’aucune activité pédagogique ne se tiendra tant que des clarifications ne seront pas apportées sur le suivi de l’enquête. Elle réclame également la libération des étudiants arrêtés lors des événements, la prise en charge des victimes, le paiement des arriérés de bourses et l’ouverture du campus social.

Le communiqué va plus loin en appelant le Président de la République à engager un dialogue direct avec les étudiants. Cette demande intervient alors que les autorités ont déjà promis des investigations pour faire la lumière sur les faits.

La crise qui secoue l’UCAD dépasse désormais le cadre strictement académique. Entre revendications étudiantes, enquêtes judiciaires et décisions administratives, l’équilibre reste fragile. Les prochains jours pourraient être déterminants pour la reprise des cours et l’apaisement d’une université profondément marquée par ce drame.

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