Il y a treize mois, Donald Trump prenait possession du Bureau ovale avec un taux d’approbation positif. Ce capital s’est depuis évaporé. À quarante-huit heures de son discours sur l’état de l’Union, un sondage Ipsos/Washington Post-ABC News lui inflige le verdict le plus sévère depuis janvier 2021.
L’économie, terrain le plus hostile
Soixante pour cent des Américains désapprouvent aujourd’hui l’action du 47e président. Seuls 39 % lui accordent une opinion favorable — dont 47 % de « fortement défavorables », un chiffre qui dépasse la simple insatisfaction pour toucher à un rejet actif. Le Washington Post, qui publie ce dimanche les résultats de l’enquête réalisée par Ipsos pour son compte et celui d’ABC News, rappelle que Trump n’avait pas atteint un tel niveau de désaveu depuis l’assaut du Capitole, en janvier 2021. Mardi soir, il devra pourtant s’avancer à la tribune du Congrès et convaincre.
C’est sur la gestion du coût de la vie que le bât blesse le plus. Soixante-cinq pour cent des sondés désapprouvent sa politique face à l’inflation — son pire score dans cette enquête. Sa gestion des droits de douane recueille 64 % d’opinions défavorables, et son traitement des relations extérieures des États-Unis, 62 %.
Un capital politique grignoté depuis l’investiture
Entré en fonction en janvier 2025 avec un taux d’approbation supérieur à 50 %, Trump avait rapidement vu ce capital s’éroder sous l’effet des licenciements massifs dans la fonction publique fédérale, de la séquence tarifaire et des tensions avec les alliés historiques de Washington. À cent jours de mandat, il affichait déjà, selon Gallup, le taux d’approbation le plus bas enregistré pour un président en début de second mandat depuis l’après-guerre. La dégradation s’est depuis stabilisée — sans jamais se redresser.
Au-delà des chiffres économiques, 56 % des répondants estiment que Trump ne s’engage pas à protéger leurs droits et libertés. 62 % jugent qu’il utilise la fonction présidentielle à des fins personnelles, des chiffres que le Washington Post interprète comme le signe que le mécontentement déborde largement le seul terrain économique pour atteindre la légitimité même de l’exercice du pouvoir. L’opposition démocrate peine quant à elle à capitaliser sur ce rejet : selon la même enquête, les Américains ne perçoivent pas encore dans le camp adverse une offre politique crédible susceptible de canaliser leur insatisfaction.
Mardi 24 février, face aux deux chambres réunies, Trump prononcera son premier discours sur l’état de l’Union de ce second mandat. Devant une opinion majoritairement hostile et une économie qui reste sa principale vulnérabilité, l’exercice constituera un test de sa capacité à reprendre la main sur le récit national.



« Trump désavoué par six Américains sur dix »
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