Un ministre ghanéen a pénétré dans un camp de prisonniers ukrainien pour voir ses compatriotes de ses propres yeux. Deux Ghanéens, capturés en combattant sous uniforme russe, sont en vie.
Un accès rare. Le 26 février, Samuel Okudzeto Ablakwa, chef de la diplomatie ghanéenne, a visité en personne le camp de détention ukrainien où sont retenus deux de ses ressortissants, faits prisonniers de guerre après avoir combattu dans les rangs de l’armée russe. Sur Facebook, il a confirmé leur état de santé et le respect de leurs droits selon le droit international humanitaire.
La visite fait suite à son déplacement à Kiev le 25 février, où il a rencontré le président Volodymyr Zelensky et son homologue ukrainien Andriy Sybiga. Ce dernier avait alors garanti l’accès consulaire aux détenus ghanéens « à leur demande, conformément au droit international humanitaire ».
Accra réclame la libération de ses citoyens
Le Ghana n’entend pas s’arrêter à ce constat rassurant. Lors de sa visite à Kiev, Ablakwa a formellement demandé la libération des deux hommes, présentés comme victimes de réseaux de recrutement frauduleux. Attirés par de fausses promesses d’emploi en Russie, ils auraient été envoyés de force en première ligne, sans formation militaire préalable. Sybiga a rappelé un chiffre qui dépasse largement le cas ghanéen : plus de 1 780 ressortissants africains issus de 36 pays combattraient actuellement sous drapeau russe.
Un phénomène qui déborde les frontières du Ghana
Kenya, Nigeria, Cameroun, Ouganda — plusieurs États africains font face à la même situation. Des hommes recrutés sous couverture d’offres d’emploi légitimes, embarqués vers la Russie, puis projetés dans un conflit qui n’était pas le leur.
Accra a exhorté ses partenaires à renforcer les dispositifs de lutte contre ce type de recrutement. La suite dépendra des négociations diplomatiques bilatérales, dont aucune échéance n’a été rendue publique à ce stade.

