Ukraine : Washington pousse Zelensky vers des élections, Kiev temporise

Volodymyr Zelensky envisagerait de dévoiler, le 24 février prochain, un plan prévoyant la tenue simultanée d’une élection présidentielle et d’un référendum portant sur un éventuel accord de paix avec la Russie. Cette information, rapportée par le Financial Times ce mercredi 11 février, repose sur des sources ukrainiennes et occidentales impliquées dans les préparatifs. Selon le quotidien britannique, les deux scrutins pourraient se tenir avant la mi-mai 2026, sous l’impulsion de Washington. Toutefois, le bureau présidentiel ukrainien a immédiatement tempéré ces révélations, conditionnant toute annonce à l’amélioration de la situation sécuritaire.

Élection présidentielle et référendum en Ukraine : un double scrutin sous pression américaine

Le calendrier évoqué par le Financial Times place le 24 février comme date symbolique pour cette annonce, coïncidant avec le quatrième anniversaire du déclenchement du conflit armé à grande échelle entre la Russie et l’Ukraine. D’après les sources citées par le quotidien britannique, l’entourage de Zelensky aurait signifié à l’administration américaine que Kiev se tenait prêt à respecter des échéances très courtes, en dépit des obstacles logistiques majeurs que représente l’organisation de scrutins dans un pays partiellement occupé et soumis à des frappes régulières. La faction parlementaire Serviteur du peuple, formation politique du président, aurait par ailleurs fixé la fin février comme date limite interne pour élaborer le projet de loi encadrant ces consultations. Le dispositif envisagé prévoit que tout accord de paix négocié soit directement soumis à l’approbation des citoyens ukrainiens par référendum, tandis que l’élection présidentielle se déroulerait simultanément. Reuters avait déjà évoqué la semaine précédente ce schéma, indiquant que les négociateurs américains et ukrainiens discutaient d’un calendrier plaçant ces votes au mois de mai.

Un responsable occidental cité par le Financial Times a néanmoins laissé transparaître certaines tensions autour de cette séquence, estimant que les Ukrainiens souhaitaient que l’ensemble du processus soit « lié à la réélection de Zelensky ». Cette remarque montre les interrogations qui entourent la dimension personnelle de cette initiative, alors que le mandat présidentiel de Zelensky a expiré en mai 2024 sans qu’un scrutin ait pu être organisé en raison de la loi martiale en vigueur. L’administration Trump aurait posé comme condition le respect d’une échéance fixée au 15 mai pour la tenue de ces votes, faute de quoi l’Ukraine risquerait de perdre les garanties de sécurité proposées par Washington. Cette exigence montre la volonté américaine d’accélérer considérablement le processus diplomatique, quitte à imposer un rythme que de nombreux observateurs jugent difficilement compatible avec les réalités du terrain.

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Donald Trump et le conflit russo-ukrainien : une diplomatie de pression maximale sur Kiev

Depuis son retour à la Maison-Blanche en janvier 2025, Donald Trump a multiplié les démarches pour parvenir à un règlement du conflit entre Moscou et Kiev, répétant à plusieurs reprises sa volonté d’y mettre un terme rapidement. Son administration a engagé des échanges directs avec la partie russe, tout en maintenant une pression soutenue sur le gouvernement ukrainien pour qu’il accepte d’entrer dans une logique de compromis. Washington a progressivement conditionné la poursuite de son soutien militaire et financier à des avancées tangibles dans les pourparlers, poussant Kiev à envisager un cadre de sortie de crise passant par une consultation populaire. Cette stratégie s’est concrétisée par l’ultimatum implicite du 15 mai, une date butoir que plusieurs analystes considèrent comme extrêmement ambitieuse compte tenu des contraintes techniques et sécuritaires liées à l’organisation d’élections en temps de guerre.

Face à cette offensive diplomatique américaine, le bureau présidentiel ukrainien a cependant tenu à recadrer le débat. Une source proche de la présidence a déclaré à RBC-Ukraine que tant que les conditions de sécurité ne seraient pas garanties, aucune annonce officielle sur les élections ne serait formulée. Cette mise au point traduit la volonté de Kiev de préserver sa marge de manœuvre tout en envoyant des signaux d’ouverture à son principal allié. Zelensky lui-même a précisé que le calendrier resterait tributaire de l’avancement des négociations en cours. L’Ukraine se trouve ainsi dans une position délicate, prise entre les exigences pressantes de Washington et les réalités d’un conflit armé qui rend toute consultation électorale particulièrement complexe à mettre en œuvre. La prudence affichée par la présidence ukrainienne laisse entrevoir un décalage notable entre les ambitions américaines et la capacité réelle de Kiev à organiser de tels scrutins dans les semaines à venir.

5 réflexions au sujet de “Ukraine : Washington pousse Zelensky vers des élections, Kiev temporise”

  1. La vraie question, c’est comment va voter la diaspora ukro, sachant que le pays qui a accueilli le plus de réfugié est … la Russie

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    • Le nain n’a aucun intérêt à organiser des élections qu’il va perdre.
      Il va, une fois encore, faire tourner Trump en bourique

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      • Trump est très rancunier. Plus Zelensky joue avec ses pieds, plus cher il le paiera plus tard. Juste après les élections qui aura perdues, qui sait 😉

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  2. Le nain barbu tente de négocier la tenue d’élections contre un cessez-le-feu de 2 mois pour se réarmer. Snifolo veut que Trump fasse pression sur les Russes mais ce n’est pas du tout l’intérêt des Russes d’accepter

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  3. « Donald Trump a multiplié les démarches pour parvenir à un règlement du conflit entre Moscou et Kiev, répétant à plusieurs reprises sa volonté d’y mettre un terme rapidement. »

    TOTALEMENT FAUX : L’Ukraine est sous perfusion. Trump aurait pu mettre fin au conflit en 2 semaines s’il l’avait vraiment voulu mais il ne veut pas endosser la défaite de l’Ukraine. Il ne veut pas passer pour un looser.

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