Union africaine : le Bénin parmi les six nouveaux élus au Conseil de paix et de sécurité

Le Bénin a obtenu un siège au Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine pour un mandat de deux ans couvrant la période 2026-2028. Le vote s’est déroulé le mercredi 11 février 2026 à Addis-Abeba, en marge de la 48ᵉ session ordinaire du Conseil exécutif de l’organisation panafricaine. Aux côtés de Cotonou, cinq autres pays ont décroché un nouveau siège au sein de cet organe décisionnel stratégique. Cette élection intervient en prélude au 39ᵉ sommet des chefs d’État et de gouvernement, prévu les 14 et 15 février dans la capitale éthiopienne, où les dix membres devront recevoir l’approbation finale. L’enjeu est de taille pour le continent, alors que les foyers de tension se multiplient du Sahel à la Corne de l’Afrique.

Dix pays élus au CPS de l’Union africaine à Addis-Abeba pour 2026-2028

La capitale éthiopienne a été le théâtre d’un scrutin déterminant pour la recomposition du principal organe sécuritaire du continent. Sur les dix sièges soumis au vote, six ont été attribués à des États faisant leur entrée ou leur retour dans cette instance : le Bénin, le Lesotho, le Gabon, le Maroc, la Somalie et l’Afrique du Sud. Parallèlement, quatre pays ont été reconduits dans leurs fonctions respectives, conservant ainsi leur place autour de la table des négociations continentales. Il s’agit de la Côte d’Ivoire, de la République démocratique du Congo (RDC), de la Sierra Leone et de l’Ouganda. La RDC a d’ailleurs obtenu un score particulièrement élevé avec 44 voix favorables sur 48 suffrages exprimés, entamant ainsi un deuxième mandat consécutif après celui débuté en avril 2024. L’ensemble de ces membres exerceront leurs responsabilités à compter du 1ᵉʳ avril 2026 et jusqu’au 31 mars 2028.

La répartition des sièges obéit à un équilibre régional strict inscrit dans les textes fondateurs de l’organisation. L’Afrique de l’Ouest occupe trois places désormais attribuées au Bénin, à la Côte d’Ivoire et à la Sierra Leone. L’Afrique centrale est représentée par la RDC et le Gabon, tandis que la Somalie et l’Ouganda siègent au titre de l’Afrique de l’Est. L’Afrique australe dispose de deux sièges confiés au Lesotho et à l’Afrique du Sud. Le Maroc, élu dès le premier tour avec plus des deux tiers des suffrages, signe quant à lui sa troisième participation à cet organe après des mandats exercés entre 2018-2020 puis 2022-2025. Fait notable de cette élection, le siège réservé à l’Afrique du Nord est toutefois resté vacant faute de consensus entre les candidats de cette sous-région. Par ailleurs, le Kenya et le Rwanda avaient retiré leurs candidatures quelques jours avant l’ouverture des travaux ministériels, resserrant une compétition initialement très disputée.

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Le CPS, organe central de l’architecture africaine de paix et de sécurité

Institué par un protocole adopté en juillet 2002 à Durban et entré en vigueur en décembre 2003, le Conseil de paix et de sécurité constitue le pilier fondamental du dispositif continental en matière de prévention et de règlement des conflits. Pleinement opérationnel depuis le début de l’année 2004, il fonctionne comme un mécanisme permanent de sécurité collective et d’alerte rapide, conçu pour permettre des réponses efficaces aux situations de crise à travers le continent. Sa composition de quinze membres — dont cinq exercent des mandats de trois ans et dix des mandats de deux ans — reflète la volonté des fondateurs d’assurer une rotation régulière tout en garantissant une continuité institutionnelle. Parmi ses prérogatives figurent la capacité d’autoriser le déploiement de missions de maintien de la paix, de recommander des interventions dans des cas graves tels que les crimes de guerre ou le génocide, et de prononcer des sanctions contre les gouvernements issus de changements anticonstitutionnels. Le CPS travaille en articulation avec plusieurs mécanismes complémentaires, notamment la Force africaine en attente, le Système continental d’alerte précoce, le Groupe des Sages et le Fonds pour la paix, formant ensemble l’Architecture africaine de paix et de sécurité (APSA).

La Somalie et le Bénin, deux trajectoires diplomatiques renforcées au sein de l’UA

L’élection de la Somalie retient particulièrement l’attention des observateurs. Pour la toute première fois de son histoire, Mogadiscio accède à cet organe décisionnel majeur, quelques semaines seulement après avoir achevé sa présidence du Conseil de sécurité des Nations unies en janvier 2026. Le président somalien Hassan Sheikh Mohamud a salué ce résultat comme « une victoire historique », soulignant le chemin parcouru par un pays longtemps davantage bénéficiaire des interventions sécuritaires africaines que contributeur à l’élaboration des politiques du bloc continental. Cette double présence aux niveaux onusien et continental témoigne d’une dynamique diplomatique croissante pour ce pays de la Corne de l’Afrique, encore confronté aux défis posés par l’insurrection djihadiste sur son territoire.

Pour le Bénin, ce retour au CPS s’inscrit dans la continuité d’un engagement continental affirmé. Cotonou avait déjà siégé au sein de cette instance, notamment à partir de 2014, et contribue activement aux efforts sécuritaires régionaux, en particulier dans le cadre de la Force multinationale mixte engagée contre le terrorisme dans le bassin du lac Tchad. L’obtention de ce siège intervient dans un moment charnière pour l’Afrique de l’Ouest, où la reconfiguration politique de plusieurs pays sahéliens redessine les équilibres diplomatiques et sécuritaires. Avec la Côte d’Ivoire et la Sierra Leone à ses côtés, le Bénin disposera d’une voix directe dans les délibérations portant sur les crises qui affectent sa sous-région. Les dix membres élus entreront officiellement en fonction après leur validation par les chefs d’État réunis en sommet, scellant ainsi la nouvelle configuration d’un organe dont le rôle n’a jamais été aussi sollicité face à la multiplication des défis sécuritaires sur le continent.

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