USA : 8 Nigérians sanctionnés pour des liens avec Boko Haram et l'EIIL

Le Département du Trésor américain a gelé lundi les avoirs de huit ressortissants nigérians impliqués dans des réseaux terroristes opérant en Afrique de l’Ouest. Cette décision intervient dans une situation de renforcement de la coopération sécuritaire entre Washington et Abuja face aux groupes djihadistes. Parmi les personnes visées figurent des figures associées à Boko Haram et à l‘État islamique d’Irak et du Levant (EIIL). Les sanctions reflètent une escalade des efforts de lutte antiterroriste menés par les États-Unis dans une région en proie à une violence croissante. Ces mesures restrictives s’accompagnent d’un gel des actifs financiers et d’une interdiction de transactions avec les entités désignées.

L’arsenal des sanctions américaines contre les réseaux djihadistes nigérians

Le Bureau du contrôle des actifs étrangers (OFAC), rattaché au Trésor fédéral, a publié une directive listant huit individus considérés comme des terroristes spécialement désignés. Nnamdi Orson Benson, ressortissant nigérian né en 1987, figure parmi les premiers noms mentionnés dans cette mesure administrative. Ibrahim Ali Alhassan, enregistré avec un passeport nigérian et ayant possédé une résidence aux Émirats arabes unis, a également été inscrit pour ses liens présumés avec Boko Haram. Khaled Al-Barnawi, natif de Maiduguri dans l’État de Borno, apparaît sous plusieurs identités supposées, y compris les pseudonymes Abu Hafsat et Mohammed Usman, reflétant les tactiques de dissimulation couramment employées par les cadres terroristes.

D’autres individus sanctionnés incluent Salih Yusuf Adamu, présenté comme porteur d’un passeport nigérian et affilié à Boko Haram, ainsi que Abu Musab Al-Barnawi, également connu sous le nom de Habib Yusuf, désigné comme leader de l’organisation terroriste. Babestan Oluwole Ademulero, né en 1953, s’ajoute à cette liste sous plusieurs variantes de ses noms d’identité. Ces désignations traduisent une campagne visant à démanteler les structures financières et les réseaux logistiques des entités djihadistes opérant sur le continent africain. L’OFAC souligne que ces mesures visent à prévenir l’accès à des ressources financières externes susceptibles de soutenir les activités de terrorisme organisé.

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Nigeria et États-Unis : une alliance sécuritaire contre l’expansion du terrorisme régional

Les États-Unis ont considérablement intensifié leur engagement militaire au Nigeria au cours des derniers mois. Récemment, le président Trump a ordonné des frappes aériennes directes sur l’État du Sokoto au nord-ouest en coopération avec le gouvernement nigérian. Cette escalade s’est poursuivie avec l’acheminement, le 13 janvier 2026, d’un matériel militaire massif incluant des drones, des hélicoptères et des plateformes aériennes. Washington a également reconnu le déploiement de soldats américains au Nigeria, chargés de missions de renseignement et d’assistance aux forces nigérianes contre Boko Haram et l’État islamique. En parallèle, 200 soldats, attendus dans les prochaines semaines, seront chargés de former leurs homologues nigérians pour mieux coordonner des opérations combinant frappes aériennes et troupes au sol, montrant une intégration croissante des capacités militaires des deux pays dans la lutte antiterroriste régionale.

Ces efforts s’accompagnent de campagnes de sanctions financières internationales visant à étouffer les flux monétaires qui alimentent les groupes insurgés. La publication de ce document de plus de trois mille pages par l’OFAC montre l’ampleur du travail de renseignement conduit par les services fédéraux américains pour identifier et tracer les acteurs impliqués dans des réseaux terroristes transnationaux. Cette stratégie combine ainsi des mesures coercitives asymétriques avec une coopération sécuritaire directe avec le gouvernement nigérian, reflétant une reconnaissance croissante de l’interconnexion entre la stabilité régionale et les intérêts stratégiques occidentaux.

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