Alors que Washington et Téhéran préparent une reprise des négociations sur le dossier nucléaire ce vendredi 6 février à Istanbul, les pays voisins de l’Iran multiplient les mises en garde pour préserver leur neutralité. Le royaume hachémite vient de réaffirmer sa position avec fermeté.
Amman trace ses lignes rouges
Le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères jordanien, Ayman Safadi, a eu un entretien téléphonique lundi avec son homologue iranien Abbas Araghchi. À l’issue de cet échange, le chef de la diplomatie jordanienne a délivré un message sans ambiguïté : le royaume ne tolérera aucune utilisation de son territoire dans un éventuel conflit armé.
« La Jordanie ne sera pas un champ de bataille dans un conflit régional ni une rampe de lancement pour une action militaire contre l’Iran », a déclaré le ministre selon un communiqué officiel. Safadi a également prévenu qu’Amman réagirait à toute violation de son espace aérien, quelle qu’en soit l’origine.
Cette position n’est pas nouvelle. En avril 2024, les forces aériennes jordaniennes avaient déjà intercepté des drones et missiles iraniens survolant le territoire lors de représailles de Téhéran contre Israël. Le royaume avait alors affirmé qu’il abattrait tout projectile menaçant sa souveraineté, qu’il soit iranien ou israélien.
La diplomatie comme seule issue
Au-delà de la question sécuritaire, Safadi a plaidé pour une résolution pacifique des tensions actuelles. Le ministre jordanien a insisté sur la nécessité de privilégier le dialogue concernant le programme nucléaire iranien, sujet au cœur du bras de fer entre Donald Trump et Téhéran.
Cette prise de position intervient dans un contexte particulièrement tendu. Le président américain a déployé une importante flotte militaire dans le Golfe persique et multiplié les avertissements envers la République islamique ces dernières semaines. De son côté, le guide suprême Ali Khamenei a prévenu qu’une attaque américaine déclencherait « une guerre régionale ».
Les efforts diplomatiques semblent toutefois porter leurs fruits. L’émissaire de Trump, Steve Witkoff, et le ministre Araghchi devraient se retrouver vendredi à Istanbul pour tenter de relancer les pourparlers interrompus depuis la guerre de douze jours déclenchée par Israël en juin 2025. L’Égypte, le Qatar, Oman et la Turquie jouent les intermédiaires pour faciliter cette reprise du dialogue.



