Afrique : les États-Unis expulsent quatre nouveaux étrangers vers l’Eswatini

Quatre ressortissants étrangers ont été transférés le 11 mars par les autorités américaines vers l’Eswatini, petit royaume d’Afrique australe. Selon Amnesty International, ces hommes ont été acheminés depuis Phoenix, dans l’État américain de l’Arizona, avant d’être placés au complexe correctionnel de haute sécurité de Matsapha.

L’organisation de défense des droits humains précise que les personnes concernées sont deux Somaliens, un Tanzanien et un Soudanais. Leur arrivée porterait à 19 le nombre total d’individus envoyés par les États-Unis vers ce pays depuis la mi-2025 dans le cadre d’un programme de transferts vers des États tiers.

Transfert de détenus vers la prison de Matsapha

D’après Amnesty International, les quatre hommes ont été conduits directement au centre pénitentiaire de Matsapha, considéré comme l’établissement carcéral le plus sécurisé d’Eswatini. Les personnes transférées auraient été expulsées du territoire américain avant d’être prises en charge par les autorités locales.

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Vongai Chikwanda, directrice régionale adjointe d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Est et australe, a réagi à ces transferts en demandant davantage de garanties sur le cadre juridique appliqué. Elle a déclaré que ces opérations étaient « illégales » et a appelé le gouvernement d’Eswatini à assurer l’accès des détenus à leurs avocats et à leurs familles. L’organisation souligne que les modalités exactes de ces transferts n’ont pas été rendues publiques et demande des clarifications sur la base légale permettant la détention de ces personnes dans le royaume.

Des accords avec des pays tiers pour les expulsions

Ces transferts s’inscrivent dans une politique américaine consistant à expulser certains étrangers vers des États tiers lorsque leur renvoi direct vers leur pays d’origine s’avère difficile. Washington a engagé des discussions ou conclu des arrangements avec plusieurs pays, y compris en Afrique, afin qu’ils accueillent des personnes expulsées du territoire américain.

Selon les informations rapportées par Amnesty International, l’Eswatini fait partie des États qui ont accepté de recevoir certains de ces détenus. Les transferts vers ce royaume auraient commencé à la mi-2025. Cette pratique concerne notamment des personnes dont les pays d’origine refusent parfois la réadmission ou dont la situation administrative complique l’expulsion directe.

Des interrogations sur le cadre juridique

Amnesty International demande aux autorités d’Eswatini de préciser les bases légales de ces détentions et les droits accordés aux personnes transférées. L’organisation insiste sur la nécessité d’un dispositif transparent et conforme aux obligations internationales relatives aux droits humains.

Le complexe correctionnel de Matsapha, où sont détenus les quatre hommes arrivés le 11 mars, relève de l’administration pénitentiaire d’Eswatini et accueille habituellement des détenus condamnés pour des infractions graves. Aucune communication officielle détaillée des autorités d’Eswatini ou du gouvernement américain n’avait été rendue publique au moment de la diffusion de ces informations par l’organisation de défense des droits humains.

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