Armes nucléaires : la Russie prévient que la Pologne et la Suède pourraient devenir des cibles

Andrey Kartapolov, président du Comité de défense de la Douma d’État, a averti le 25 mars 2026 que tout déploiement d’armes nucléaires en Pologne ou en Suède entraînerait l’inclusion automatique de ces installations dans les catalogues de cibles russes. Le responsable parlementaire a justifié cette position en déroulant les conséquences stratégiques et territoriales qu’il estime inévitables d’un tel positionnement.

L’absence de conscience des risques nucléaires, selon Moscou

Lors d’une interview accordée à l’agence russe TASS, Kartapolov a critiqué la compréhension qu’auraient les responsables politiques européens des enjeux nucléaires. Selon lui, les décideurs du continent « n’ont aucune idée des risques qu’un pays prend lorsqu’il décide de déployer des installations militaires dotées d’armes nucléaires sur son territoire ». L’officiel russe a insisté sur la disproportion des effets : « La puissance d’une arme nucléaire est incomparable à celle d’une arme conventionnelle ».

Cette évaluation le conduit à une conclusion radicale sur les dégâts collatéraux. « La destruction de cette cible entraînerait inévitablement la destruction d’une portion significative du territoire de ce pays, y compris l’ensemble de ses infrastructures et de sa population », a-t-il précisé, décrivant un scénario d’anéantissement régional.

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La mise à jour du catalogue des cibles russes

Face à ce qu’il qualifie de menace, Kartapolov a énoncé la réponse qu’il estime obligatoire : « Que devons-nous faire ? La première chose à faire est de mettre à jour le catalogue des cibles pour une frappe de riposte ou un lancement sous attaque de forces nucléaires stratégiques ». Il a précisé que si « ces installations apparaissent en Suède, en Pologne ou dans d’autres pays européens, ils deviendront automatiquement des cibles ».

La position russe répond à l’annonce française du 2 mars 2026 : huit pays européens, dont la Pologne et la Suède, ont accepté de participer à la doctrine française de « dissuasion nucléaire avancée ». Le dispositif prévoit le déploiement temporaire de capacités nucléaires françaises sur les territoires des pays partenaires — le Royaume-Uni, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Belgique, la Grèce et le Danemark figurant aussi au nombre des participants. Macron a assuré que le contrôle exclusif de la décision d’emploi resterait aux mains de la présidence française, tandis que les partenaires pourraient participer aux exercices de dissuasion.

L’élargissement de l’arsenal stratégique russe

Kartapolov n’a pas annoncé une décision gouvernementale formelle, mais présenté cet élargissement du catalogue des cibles comme la conséquence inévitable du positionnement d’armements nucléaires étrangers aux portes de la Russie. Ses déclarations reflètent la doctrine russe selon laquelle tout déploiement nucléaire à proximité de ses frontières constitue une escalade justifiant une riposte symétrique.

Ces avertissements surviennent dans un cadre de tensions entre la Russie et l’Europe du Nord et de l’Est, que Moscou accuse d’encerclement stratégique. Aucun calendrier formel n’a été fixé pour l’actualisation des plans de frappe russes.

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