Au Bénin, la démission de Boni Yayi de la présidence du parti d’opposition Les Démocrates continue de susciter réactions et interrogations. Invité dimanche 8 mars 2026 de l’émission « L’entretien Grand Format » sur Bip Radio, Eugène Azatassou, vice-président du parti chargé du département du Zou, a avancé plusieurs éléments pour expliquer cette décision.
Selon lui, l’ancien chef de l’État aurait quitté la tête du parti pour des raisons qui ne se limiteraient pas à son état de santé. Le responsable politique évoque également des pressions extérieures qui auraient pesé sur le dirigeant de l’opposition.
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Lors de son intervention radiophonique, Eugène Azatassou a mentionné plusieurs événements récents qu’il considère comme des facteurs de pression. Il cite notamment l’interpellation de Chabi Yayi, fils de Boni Yayi, dans le cadre de l’enquête ouverte après la tentative de coup d’État annoncée le 7 décembre 2025. Le responsable des Démocrates évoque également la convocation de l’ancien président par la Police républicaine du Bénin ainsi que le retrait de ses gardes du corps. Selon lui, ces éléments auraient contribué à créer un climat de tension autour de l’ancien dirigeant.
Eugène Azatassou estime que ces événements s’ajoutent aux difficultés internes que traverse la formation politique. Une rencontre annoncée entre les responsables du parti et Boni Yayi devrait permettre, selon lui, d’éclairer davantage les motivations réelles de cette démission. « Nous pensons que ce n’est pas normal que dans un pays démocratique, le pays de la conférence nationale, que de telles pressions s’exercent sur une personne qui plus, est un responsable qui a dirigé ce pays », a déclaré Eugène Azatassou au micro de Bip Radio.
Le rejet de la démission par la coordination nationale
Malgré l’annonce de son retrait, la coordination nationale du parti Les Démocrates a décidé de ne pas entériner immédiatement cette démission. Eugène Azatassou explique que cette position ne traduit pas une incapacité des cadres du parti à assurer la direction politique.
Il souligne plutôt l’importance de Boni Yayi dans l’histoire et le fonctionnement de la formation politique. Selon lui, l’ancien président conserve un poids particulier au sein du parti, ce qui justifierait la prudence des dirigeants face à son départ. Le vice-président des Démocrates rappelle que l’ancien chef de l’État demeure une figure centrale de l’opposition béninoise depuis la création du parti.