Bénin : Azatassou justifie les sanctions au sein de LD et rejette l’ombre de Yayi

Le vice-président du parti Les Démocrates Eugène Azatassou s’est prononcé sur la crise que secoue actuellement la formation politique de l’opposition béninoise. A la faveur d’une intervention qu’il a faite sur le média Enjeux d’Afrique, l’homme politique a notamment répondu à celles et ceux qui parlent d’une main invisible de Boni Yayi qui aurait guidé le choix de Nourénou Atchadé à la tête du parti. Pour lui, les choix ont été opérés par les militants et les instances du parti. « Nous sommes suffisamment mûrs pour défendre nos convictions sans manipulation », a noté l’homme politique pour répondre à cette question.

Ce fut également le moment pour lui de revenir sur la sanction qui a été prononcée contre Eric Houndété et certains cadres du parti. « Nous avons suspendu des camarades pour avoir agi à titre personnel alors que le parti n’avait pas encore tranché », a-t-il réaffirmé formellement. Selon les déclarations d’Azatassou, la coordination nationale tenue récemment avait acté le principe de sanctions contre tout militant apportant un soutien individuel à un candidat avant une position officielle du parti. Cette ligne, destinée à préserver la discipline interne, aurait été remise en cause dès le lendemain par celui-là même qui avait dirigé la séance.

Pour le vice-président des Démocrates, cette attitude constitue une rupture avec les engagements pris collectivement. Il souligne que des militants avaient déjà été sanctionnés pour des initiatives similaires prises à titre personnel. « On ne peut pas appliquer une règle aux militants et une autre aux responsables. C’est pire quand celui qui a dirigé la décision la viole lui-même », a-t-il déclaré.

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Au-delà de la question disciplinaire, le différend met en lumière une lutte d’interprétation des textes du parti concernant le leadership. Eugène Azatassou affirme que la légitimité actuelle revient à Nourénou Atchadé, désigné à l’issue du conseil national du 22 mars. Il a tout de même tenu à faire une nuance. Pour lui, la formation politique pourrait reconsidérer sa position en fonction des orientations du futur chef de l’État, évoquant l’éventualité d’un dialogue post-électoral.

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