Un gérant d’une société de commercialisation de boissons produites par la Société béninoise de brasserie comparaît devant le Tribunal de première instance d’Abomey-Calavi pour des faits d’abus de confiance liés à la disparition de dix casiers de bière Beaufort. Selon le média Libre Express, le procès du prévenu s’est tenu mardi 3 mars 2026, plusieurs mois après son placement en détention préventive à la prison civile d’Abomey-Calavi.
L’homme est poursuivi pour avoir détourné une partie des marchandises de son employeur lors d’une livraison effectuée en octobre 2025. L’affaire implique également une cliente, poursuivie dans un premier temps pour complicité avant que le ministère public ne demande sa relaxe.
Une livraison détournée pour encaisser 80 000 francs CFA
D’après les informations rapportées par Libre Express depuis le tribunal, le gérant profitait de ses fonctions pour faire sortir de l’entrepôt plus de casiers de boissons que ceux effectivement commandés par les clients. Le 10 octobre 2025, il aurait ajouté dix casiers de bière Beaufort à la commande d’une cliente.
Lors de la livraison, il aurait expliqué à la cliente qu’il s’agissait d’une erreur de comptabilité et lui aurait proposé de conserver les casiers supplémentaires en les réglant ultérieurement sur son numéro personnel. La cliente lui aurait alors versé la somme de 80 000 francs CFA.
Cette transaction n’aurait jamais été déclarée à l’employeur. Quelques jours plus tard, le responsable de la société aurait constaté un manque important de casiers dans son stock et entrepris de vérifier les livraisons effectuées auprès de ses clients. Cette démarche lui aurait permis de découvrir l’existence des dix casiers supplémentaires livrés sans autorisation.
Le gérant aurait reconnu les faits lors de son audition. Il a été conduit au commissariat, puis présenté au procureur de la République avant d’être placé sous mandat de dépôt. Selon Libre Express, il est détenu à la prison civile d’Abomey-Calavi depuis octobre 2025.
Une cliente entendue au tribunal
Au cours de l’audience du 3 mars 2026, la cliente ayant reçu les casiers supplémentaires s’est présentée devant la juridiction. Le patron de la société l’accuse de complicité d’abus de confiance, estimant qu’elle se serait entendue avec le gérant pour organiser la transaction. Devant la barre, la cliente a contesté toute participation à une fraude. Elle a déclaré ne pas avoir connaissance du fait que l’argent versé ne serait pas reversé à l’entreprise.
L’avocat du plaignant a soutenu la thèse d’une entente frauduleuse entre les deux prévenus. Dans sa plaidoirie, il a demandé au tribunal de reconnaître le gérant coupable d’abus de confiance et la cliente de complicité. Il a également sollicité la condamnation des deux mis en cause au paiement de 25 millions de francs CFA à titre de dommages et intérêts. La défense de la cliente a rejeté cette accusation, affirmant que sa cliente n’était pas informée de l’irrégularité de la transaction. Son avocat a demandé sa relaxe pure et simple.
Les réquisitions du ministère public
Prenant la parole au nom du ministère public, la procureure a estimé que les éléments constitutifs de l’abus de confiance étaient établis à l’encontre du gérant. Elle a requis une peine de 24 mois d’emprisonnement, dont 12 mois ferme, ainsi qu’une amende d’un million de francs CFA. Le parquet a également demandé que le prévenu indemnise la victime pour le préjudice subi.
Concernant la cliente, le ministère public a indiqué que les faits de complicité ne seraient pas établis, faute d’éléments démontrant qu’elle connaissait l’origine frauduleuse de la transaction. Le parquet a donc requis sa relaxe. Après avoir entendu les différentes parties, le tribunal a décidé de renvoyer le dossier pour délibéré. La décision de justice est attendue le 31 mars 2026.
