Le président américain Donald Trump a réuni samedi 7 mars 2026 douze dirigeants latino-américains dans sa propriété du Trump National Doral Golf à Miami, en Floride, pour lancer une coalition régionale baptisée « Bouclier des Amériques ». L’objectif affiché : réduire l’emprise de Pékin sur un continent où la Chine s’est imposée en deux décennies comme partenaire commercial incontournable.
La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a défini le sommet comme une initiative destinée à « promouvoir la liberté, la sécurité et la prospérité » dans l’hémisphère. Trump a annoncé lors de sa prise de parole la création d’une coalition militaire pour éradiquer les cartels criminels, évoquant des frappes de missiles contre les organisations narco-terroristes. Il a profité du sommet pour réaffirmer ses ambitions sur Cuba, assurant que le régime de La Havane vivait ses derniers moments.
Douze alliés idéologiques autour de la table
Les participants — Argentine (Javier Milei), Salvador (Nayib Bukele), Équateur (Daniel Noboa), Bolivie, Costa Rica, République dominicaine, Guyana, Honduras, Panama, Paraguay, Chili (José Antonio Kast, président élu) et Trinité-et-Tobago — sont tous des dirigeants proches de Trump sur le plan idéologique. Le Brésil de Luiz Inácio Lula da Silva, le Mexique de Claudia Sheinbaum et la Colombie de Gustavo Petro brillaient par leur absence, ces trois pays entretenant des relations commerciales étroites avec Pékin.
Sur le dossier chinois, Trump entend bloquer les contrats accordés à la Chine portant sur les minerais critiques, les infrastructures de transport et les capacités de renseignement militaire. L’Argentine, le Chili et la Bolivie concentrent à eux trois les plus grandes réserves mondiales de lithium, métal stratégique pour les batteries et le stockage d’énergie — un levier que Washington entend soustraire à l’influence de Pékin.
Xi Jinping dans le viseur avant avril
Depuis le début des années 2000, la Chine a multiplié les prêts, les infrastructures et les accords commerciaux à travers le continent. En 2024, le commerce bilatéral entre la Chine et l’Amérique du Sud a atteint 518 milliards de dollars, faisant de Pékin le premier ou deuxième partenaire commercial de la majorité des économies de la région.
La stratégie de sécurité nationale publiée par l’administration Trump en décembre 2025 prévoit que les États-Unis refuseront à tout concurrent extérieur au continent la possibilité de « posséder ou contrôler des actifs stratégiques » en Amérique latine. Le Panama a déjà retiré sa signature de l’Initiative Ceinture et Route en janvier 2026, après que la Cour suprême panaméenne a déclaré inconstitutionnel le contrat liant le pays à la compagnie hongkongaise CK Hutchison. L’Équateur a de son côté autorisé l’installation d’une base militaire américaine sur son territoire.
La prochaine étape concrète de la coalition sera définie lors de consultations bilatérales entre Washington et les gouvernements signataires dans les semaines précédant le déplacement de Trump en Chine, prévu début avril.

