Le Tribunal de grande instance Ouaga 1 a condamné, ce vendredi 27 mars 2026, l’ancienne ministre burkinabè de l’Action humanitaire, Laure Zongo/Hien, à cinq ans d’emprisonnement ferme et à une amende de 10 millions de francs CFA dans le cadre du procès dit « Yé Yaké Camille et autres », portant sur un détournement de fonds publics au sein de son ancien ministère.
Le principal accusé du dossier, Yé Yaké Camille, a été frappé d’une peine plus lourde : onze ans de prison ferme et une amende de plus de 462 millions de francs CFA.
Des peines prononcées au terme de onze jours d’audience
Outre Laure Zongo/Hien et Yé Yaké Camille, sept autres prévenus comparaissaient dans ce dossier pour des faits de détournement de deniers publics, complicité, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux. Le tribunal a décerné un mandat de dépôt à l’encontre de l’ancienne ministre, qui serait hospitalisée depuis le 24 mars, selon des sources judiciaires.
La procédure s’est tenue au terme de onze jours d’audience. Les faits reprochés à Laure Zongo/Hien porteraient, selon les éléments du dossier, sur une somme de 35 millions de francs CFA.
Un dossier connexe au scandale Tiégnan
Ce verdict est rendu dans le prolongement direct de l’affaire Amidou Tiégnan, du nom du principal mis en cause dans un détournement de plus de 3 milliards de francs CFA au ministère de l’Action humanitaire — des fonds destinés aux personnes déplacées internes au Burkina Faso. Condamné en première instance le 24 décembre 2024 à 15 ans de prison ferme, Tiégnan avait vu sa condamnation confirmée par la Cour d’appel de Ouagadougou le 18 novembre 2025. L’affaire « Yé Yaké Camille et autres » constitue la procédure connexe de ce dossier, désormais qualifié « Tiégnan II ».
Laure Zongo/Hien dispose d’un délai légal pour former appel du jugement rendu ce jour devant la Cour d’appel de Ouagadougou, conformément aux dispositions du code de procédure pénale burkinabè.



