Cameroun : Dagobert Nwafo le père de l'artiste Lydol condamné à mort pour meurtre

Le 18 mars 2026, le tribunal de grande instance de Yaoundé a condamné Dagobert Nwafo à la peine de mort par fusillade pour le meurtre d’un garçonnet de 6 ans nommé Mathis. La juridiction a également fixé à 500 millions de francs CFA les dommages et intérêts en faveur de la famille de la victime, ainsi que 25 millions de francs CFA au titre des dépens.


Selon les éléments présentés à l’audience, les faits remontent à mai 2025 dans le quartier Ngoa-Ekellé à Yaoundé. À la suite d’une altercation avec le père de l’enfant dans un débit de boissons, l’accusé s’en était pris au mineur à son domicile à l’aide d’une arme blanche. Le ministère public avait requis la peine capitale dès l’ouverture du procès fin 2025, une réquisition finalement suivie par le tribunal.

Une affaire aggravée par sa dimension médiatique

L’affaire a connu un retentissement particulier en raison du lien familial entre l’accusé et l’artiste slameuse Lydol, de son vrai nom Dolly Sorel Nwafo, dont Dagobert Nwafo est le père. Cette proximité a contribué à amplifier la couverture médiatique du dossier depuis l’arrestation du suspect en 2025.
L’artiste avait publiquement réagi au début de la procédure, réfutant toute tentative d’ingérence dans le processus judiciaire et appelant à laisser la justice suivre son cours. Aucun élément du dossier ne la met en cause dans les faits jugés.

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Une décision saluée par la partie civile, contestée par la défense

À l’issue du verdict, les avocats de la famille de la victime ont salué une décision conforme à la gravité des faits. La défense a, de son côté, annoncé son intention de contester la décision. Elle évoque des irrégularités dans la procédure et qualifie la condamnation de non conforme au droit camerounais. Les avocats du condamné estiment que cette peine pourrait être remise en cause devant les juridictions supérieures.

Une condamnation qui relance le débat sur la peine de mort

Le Cameroun maintient la peine capitale dans son arsenal juridique, notamment pour les crimes les plus graves. Toutefois, aucune exécution n’a été officiellement enregistrée depuis la fin des années 1990, selon plusieurs organisations internationales de défense des droits humains. Dans ce dossier, la décision du tribunal pourrait donc ouvrir une nouvelle phase judiciaire. Les recours annoncés par la défense devraient conduire l’affaire devant la cour d’appel compétente, avec la possibilité, à terme, d’un examen par la Cour suprême.

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