Candidature à l'ONU : Mimi Touré prend sa revanche sur Macky Sall

Le 29 mars 2026, Aminata Touré, haut représentant du président Bassirou Diomaye Faye, a publiquement justifié le refus du Sénégal de soutenir la candidature de l’ancien chef de l’État Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations unies. Une prise de position d’autant plus lourde de sens qu’elle émane de celle qui fut, pendant treize ans, l’une de ses plus proches alliées.

Le message a été délivré sans détour au journal télévisé de 20 heures : « La diplomatie sénégalaise ne peut pas être à la traîne de la diplomatie burundaise. » En une phrase, Aminata Touré résumait à la fois le fond du dossier et la position de Dakar — officialisée dès le 27 mars par une note verbale de la mission permanente du Sénégal à Addis-Abeba, précisant que le pays n’avait « à aucun stade endossé » l’initiative.

Une candidature portée par Bujumbura, ignorée par Dakar

La candidature de Macky Sall, déposée le 2 mars 2026 auprès des présidents de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité de l’ONU, n’a pas été soumise par son propre pays — comme le veut l’usage diplomatique — mais par le Burundi, dont le président Évariste Ndayishimiye assure la présidence tournante de l’Union africaine. Macky Sall s’était rendu à Bujumbura fin février, quelques jours avant l’annonce officielle.

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Forte de vingt-quatre années passées au sein du système onusien, Aminata Touré a rappelé la procédure élémentaire : un candidat à un poste international se présente en personne à son chef d’État, lui expose son programme et sollicite son soutien. Macky Sall n’a engagé aucune démarche de ce type auprès de Diomaye Faye.

Le divorce de 2022, acte fondateur d’un retournement

La sévérité du ton d’Aminata Touré s’éclaire à la lumière d’une rupture consommée quatre ans plus tôt. En juillet 2022, Macky Sall lui avait confié la tête de liste de la coalition présidentielle Benno Bokk Yakaar aux élections législatives. Six semaines après la victoire, il lui avait préféré le maire de Richard-Toll, Amadou Mame Diop, pour la présidence de l’Assemblée nationale. Elle avait quitté le groupe parlementaire présidentiel, avant d’être déchue de son mandat de députée en janvier 2023. Devenue opposante résolue au troisième mandat de Macky Sall, elle avait rejoint la coalition qui porta Diomaye Faye au pouvoir en mars 2024.

Sur le plan continental, la candidature de l’ancien président sénégalais a essuyé un rejet formel le 27 mars : vingt États membres de l’UA — parmi lesquels l’Algérie, l’Afrique du Sud, l’Égypte et le Nigeria — ont rompu la procédure de silence, empêchant l’adoption du projet de décision. Malgré ce revers, l’équipe de Macky Sall a indiqué maintenir la candidature, invoquant la conformité administrative du dossier déposé à New York. Le mandat d’António Guterres à la tête de l’ONU s’achève en décembre 2026.

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