Centrafrique : Barrot en visite pour poursuivre le rapprochement avec la France

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a été reçu vendredi 14 mars à Bangui par le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra. La visite marque la première présence d’un chef de la diplomatie française en République centrafricaine depuis novembre 2018.

« C’est la première fois depuis huit ans qu’un ministre des Affaires étrangères est présent à Bangui », a déclaré Jean-Noël Barrot, évoquant « la restauration complète des relations » entre les deux pays après « une période de tension ».

« Et ma visite de deux jours ici à Bangui m’a permis de constater à quel point cette feuille de route qui est mise en œuvre depuis deux ans produit déjà des effets considérables au bénéfice des Centrafricaines et des Centrafricains, et qui témoigne du fait que la France se tient aux côtés de la République centrafricaine au moment où elle reprend son destin en main, où le processus de paix et de stabilisation du pays se poursuit, et au moment où se développent tous les secteurs de l’économie.« , a insisté Jean-Noël Barrot

Sept ans d’absence et une relation abîmée

La dégradation des liens entre Paris et Bangui remonte au milieu des années 2010, lorsque Bangui s’est progressivement tournée vers Moscou pour assurer sa sécurité. Le groupe paramilitaire russe Wagner — rebaptisé Africa Corps depuis la mort de son fondateur Evgueni Prigojine en août 2023 — s’est imposé comme le principal soutien militaire du gouvernement Touadéra, supplantant les dispositifs français et européens sur le terrain.

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Un premier signal de dégel avait été envoyé le 17 avril 2024, lors d’une rencontre à l’Élysée entre les présidents Macron et Touadéra, qui avaient adopté une « feuille de route » pour un « partenariat constructif ». La France avait ensuite repris ses appuis financiers, avec un don de 10 millions d’euros versé en novembre 2024 par l’Agence française de développement (AFD).

Une visite dans un climat encore tendu

Le déplacement de Barrot intervient dans un contexte qui complique la normalisation. Le 4 mars, un agent français de Médecins Sans Frontières a été arrêté par les autorités centrafricaines. L’affaire n’a pas été officiellement évoquée à l’issue des entretiens, mais elle pèse sur l’atmosphère diplomatique. La France cherche à retrouver une présence dans un pays où son influence a été méthodiquement réduite. La Russie y dispose d’instructeurs militaires, d’une présence médiatique structurée et d’un accès aux ressources naturelles négocié ces dernières années avec Bangui.

Les prochaines étapes

La libération de François Zamparini, le 11 mars, a levé un obstacle immédiat à la normalisation. Barrot n’a pas annoncé de calendrier précis à l’issue de sa visite. La reprise effective de la coopération bilatérale — notamment sur les projets de développement financés par l’AFD — constituera le premier test concret de ce rapprochement.

3 réflexions au sujet de “Centrafrique : Barrot en visite pour poursuivre le rapprochement avec la France”

  1. Jean-Noel Barrot n’a malheureusement pas le charisme de son défunt père Jacques Barrot que nous connaissons de son vivant.
    Raison pour laquelle la voix de la France ne porte plus haut dans le concert des nations
    J’avoue

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  2. L’halluciné de service qui va nous donner une leçon de diplomatie, domaine dans lequel il est brillament incompétent.

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