Les autorités béninoises préparent le redéploiement progressif des activités du marché international de Dantokpa vers de nouveaux sites commerciaux dans le Grand Nokoué. Dans les prochaines semaines, une partie des commerçants devra rejoindre le Pôle commercial Général Mathieu Kérékou (GMK), situé à proximité du Stade de l’Amitié à Cotonou, tandis que les grossistes en produits alimentaires seront orientés vers le Pôle agroalimentaire du Grand Nokoué, communément appelé marché de gros d’Akassato. Derrière cette réorganisation urbaine, c’est tout un écosystème de petits métiers — portefaix, revendeurs, transporteurs — qui retient son souffle. Dans les prochaines semaines, les premières enseignes quitteront Dantokpa pour rejoindre le GMK ou Akassato — un départ qui entraîne bien plus que des cartons à déménager. Car derrière cette relocalisation, c’est toute une chaîne de petits métiers qui devra se réinventer. Ce transfert concerne notamment les secteurs du textile, de la maroquinerie, de la cosmétique et de la bijouterie pour le site GMK. Le marché de gros d’Akassato accueillera, pour sa part, les opérateurs spécialisés dans les denrées alimentaires en grande quantité. Cette réorganisation vise à déconcentrer les activités du plus grand marché à ciel ouvert du pays et à les répartir dans des infrastructures dédiées.
Les portefaix face à l’inconnue
Au-delà des commerçants, le redéploiement affecte un ensemble d’acteurs informels dont l’activité dépend directement de la configuration actuelle de Dantokpa. Les portefaix, reconnaissables à leurs chariots et à leurs appels pour se frayer un passage dans les allées « Agooo agooo », figurent parmi les premiers concernés. Ces travailleurs assurent le transport des marchandises entre les différents points du marché, pour le compte des vendeurs et des acheteurs. Leur activité repose sur une circulation dense, des volumes importants de produits et une organisation spatiale spécifique. Les nouvelles infrastructures, conçues selon des normes modernes d’aménagement, pourraient modifier les conditions d’exercice de ce métier. L’un des portefaix, résidant à Akpakpa, s’interroge sur la viabilité de son activité si le centre de gravité commercial se déplace vers Akassato. « Je ne sais pas si je pourrai continuer cette activité si vraiment le marché est relocalisé à Akassato », confie-t-il. Il s’interroge également sur la possibilité de circuler avec son chariot dans des espaces dont il ignore encore la configuration. La question du transport quotidien se pose aussi. Le déplacement vers des sites plus éloignés du centre-ville pourrait entraîner des coûts supplémentaires et un temps de trajet plus long pour ces travailleurs, dont les revenus restent liés au volume de clients présents sur place.
Les « tokpa-tokpa » et l’adaptation du transport urbain
Le redéploiement des activités commerciales aura aussi des répercussions sur le transport en commun urbain. Les minibus communément appelés « tokpa-tokpa » assurent depuis des années la liaison entre Dantokpa et plusieurs localités du Grand Nokoué, notamment Porto-Novo, Abomey-Calavi, Ouidah et Godomey.
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