Des Blancs sud-africains établis en Europe et aux États-Unis choisissent de rentrer en Afrique du Sud, selon une agence spécialisée dans le retour d’expatriés qui enregistre une hausse inédite de demandes. Le phénomène intervient alors que Washington accélère un programme de réinstallation d’Afrikaners présentés par Donald Trump comme des persécutés.
Les demandes de rapatriement bondissent de 70 %
Anton van Heerden, directeur général de l’agence d’emploi DNA Employer of Record, signale une hausse de 70 % des demandes de Blancs souhaitant rentrer au pays au cours des six derniers mois. Les raisons avancées par les candidats au retour sont convergentes : coût de la vie plus bas, proximité familiale et instabilité politique croissante à l’étranger. L’essor du télétravail depuis la pandémie de Covid-19 facilite également la transition — plusieurs rapatriés auraient conservé leur emploi étranger à distance.
Stats SA, l’office national des statistiques, estime à 28 000 le nombre de Sud-Africains rentrés au pays en 2022, dont près de 15 000 Blancs, soit 52,9 % des retours enregistrés cette année-là.
Un programme réfugiés américain sous haute tension diplomatique
Dès le 7 février 2025, Trump avait signé un décret qualifiant les Afrikaners — descendants de colons néerlandais — de victimes de « discrimination raciale encouragée par le gouvernement ». En mai 2025, un premier groupe de 49 Afrikaners avait atterri à l’aéroport de Dulles, accueillis par de hauts responsables du département d’État. Depuis, environ 3 500 Sud-Africains blancs ont rejoint les États-Unis dans le cadre de ce programme, selon Le Devoir.
Le quota annuel de réfugiés a été abaissé à 7 500, contre 100 000 sous Joe Biden, la grande majorité étant réservée aux Afrikaners. Le Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU a confirmé n’être associé à aucune étape du programme.
Pretoria dément, les statistiques contredisent Washington
Le chef de la diplomatie sud-africaine Ronald Lamola a déclaré que « les rapports de police ne confirment pas l’allégation de persécution des Sud-Africains blancs sur la base de leur race ». Les statistiques de la police nationale indiquent que les meurtres de fermiers — pierre angulaire du discours de Trump — touchent davantage les Noirs que les Blancs.
L’objectif américain de porter les admissions à 4 500 Afrikaners par mois se heurterait à des obstacles logistiques : le département d’État a suspendu tous les voyages de réfugiés entre le 23 février et le 9 mars 2026, selon des e-mails envoyés aux candidats.


Heureusement que le ridicule ne tue pas encore ! Il serait intéressant pour l’état sud – africain de s’opposer à ses retours…