Détroit d'Ormuz : l'Iran joue-t-il avec le feu en posant des mines ?

Seize navires poseurs de mines iraniens détruits par l’armée américaine le 10 mars 2026 près du détroit d’Ormuz, au lendemain de la détection par le renseignement américain d’un début de minage de ce passage par les Gardiens de la Révolution.

Le renseignement américain détecte un début de minage

Selon CBS News, les services de renseignement américains ont relevé « des signes » d’un déploiement de mines dans le détroit d’Ormuz par des unités navales des Gardiens de la Révolution ou de l’armée régulière iranienne. Ces embarcations légères transporteraient deux à trois mines chacune, selon les mêmes sources.

D’après CNN, Téhéran n’aurait à ce stade déployé qu’une fraction de son arsenal, estimé entre 5 000 et 6 000 engins par la société d’analyse des risques maritimes Dryad Global — soit 80 à 90 % du stock encore disponible pour de nouvelles poses. Le trafic commercial est quasiment à l’arrêt depuis le 1er mars, date à laquelle les Gardiens de la Révolution ont ordonné la fermeture totale du détroit.

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Washington détruit 16 navires poseurs de mines et durcit le ton

Donald Trump a publié le 10 mars sur Truth Social une mise en garde directe : « Si pour une raison quelconque des mines ont été posées et qu’elles ne sont pas retirées immédiatement, les conséquences militaires pour l’Iran seront sans précédent. » Le Pentagone a annoncé dans la foulée avoir éliminé 16 navires poseurs de mines iraniens près du détroit, selon un communiqué publié sur X.

Téhéran n’a pas officiellement réagi à l’accusation de minage. Un porte-parole des Gardiens de la Révolution a maintenu que les forces iraniennes « n’autoriseront pas l’exportation d’un seul litre de pétrole » vers les pays alliés des États-Unis et d’Israël, selon l’agence Tasnim.

Un blocage qui menace l’économie mondiale

Environ 20 % du pétrole mondial et 30 % des engrais azotés transitent par le détroit en temps normal, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Un déminage complet prendrait « des jours, des semaines, voire des mois », selon un rapport du Congrès américain cité par CBS News. L’analyste maritime Cormac McCarry, de la société Control Risks, estime qu’un minage étendu pourrait entraîner plusieurs mois de perturbations du trafic dans le détroit.

Le président français Emmanuel Macron a réuni en urgence les chefs d’État du G7 le 11 mars pour traiter des conséquences économiques du conflit et de la sécurisation des voies maritimes, selon l’Élysée.

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