Un chauffeur VTC d’origine ivoirienne a été condamné le 3 mars à Marseille à deux ans de prison, dont un an ferme, pour son rôle dans une arnaque aux sentiments visant un médecin espagnol. Selon 20 Minutes, l’affaire concerne une escroquerie classique reposant sur une relation sentimentale fictive et la promesse d’un héritage bloqué.
Le médecin ophtalmologiste aurait échangé pendant plus d’un an avec une femme présentée sous le prénom d’« Élodie ». Pour débloquer un héritage imaginaire, la victime aurait versé progressivement près de 400 000 €, puisé dans son épargne et contracté des dettes.
Un rôle de faux convoyeur dans le scénario
Au tribunal de Marseille, le prévenu Isaac N. a reconnu avoir participé à l’opération, mais uniquement comme « convoyeur de fonds ». Il aurait affirmé avoir agi à la demande de connaissances installées en Côte d’Ivoire.
Le chauffeur VTC soutient n’avoir touché que 3 200 € pour ce rôle. Son avocat a indiqué que son client n’avait jamais eu accès à la totalité des fonds et a annoncé faire appel de la décision.
La combine suivait un schéma fréquent dans les escroqueries sentimentales : création d’un faux profil, construction d’une relation sur plusieurs mois, puis demandes d’argent pour résoudre un problème administratif ou financier.
Des infractions punies par le Code pénal français
Le terme « brouteur » n’apparaît pas dans la loi française. Les faits sont généralement poursuivis sous l’infraction d’escroquerie, définie par l’article 313-1 du Code pénal.
Selon Service-Public.fr, l’escroquerie est punie de cinq ans de prison et 375 000 € d’amende. Les peines peuvent atteindre dix ans de prison lorsqu’elle est commise en bande organisée.
Les autorités françaises disposent également de dispositifs spécialisés pour ces fraudes en ligne, notamment la plateforme de signalement PHAROS et le service de plainte en ligne THÉSÉE.
Une condamnation rare devant les tribunaux
Les escroqueries sentimentales sont souvent difficiles à poursuivre lorsque les auteurs se trouvent hors de France. L’audience tenue début février au palais de justice de Marseille fait figure d’exception.
Selon La Provence, citée par 20 Minutes, les réseaux impliqués dans ce type d’arnaques opéreraient fréquemment depuis l’étranger, ce qui compliquerait les enquêtes et les poursuites.
La procédure pourrait se poursuivre devant la justice française : l’avocat du prévenu a indiqué qu’un appel du jugement avait été déposé.

