Gabon : l'interview choc de Sylvia Bongo secoue le gouvernement et ravive les tensions

Le gouvernement gabonais riposte fermement aux accusations de torture portées par l’ancienne Première dame Sylvia Bongo. Le ministre de la Communication lance un démenti catégorique, le 8 mars 2026.

Le gouvernement récuse les allégations de torture

Le ministre de la Communication gabonais Germain Biahodjow a rejeté catégoriquement les accusations d’abus. « Le gouvernement récuse fermement ces allégations diffamatoires. Durant leur détention, l’ancienne Première dame, son fils Noureddin Bongo Valentin, ont bénéficié d’un traitement conforme aux règles de droit et au respect de la dignité humaine », a déclaré le gouvernement dans un communiqué officiel.

Le gouvernement appuie sa défense sur un argument comparatif : l’ancien président Ali Bongo Ondimba aurait bénéficié d’une accessibilité sans précédent aux institutions internationales. « Les institutions internationales venaient rendre visite à monsieur Ali Bongo Ondimba sans restriction. On n’a jamais assisté à un tel événement dans un pays d’Afrique », soutient Biahodjow, suggérant implicitement que les conditions carcérales auraient pu être similaires.

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Ce que Sylvia Bongo dénonce depuis France 24

Lors d’une interview exclusive accordée à France 24, Sylvia Bongo affirme avoir été transférée de force, la tête couverte d’une cagoule, vers les sous-sols de la présidence, puis enfermée dans une pièce où était écrit « La mort est un réflexe ». Elle aurait été entravée aux mains et aux pieds, aspergée d’eau froide, et contrainte d’assister au supplice de son fils qui, selon elle, avait subi un violent passage à tabac à coups de barre de fer suivi d’un étranglement.

L’ancienne Première dame soutient avoir été attachée par des militaires qui auraient amené son fils Noureddin Bongo Valentin devant elle, déjà blessé, avant de le torturer violemment en sa présence. Elle affirme notamment avoir signé des aveux extorqués sous la torture, sans savoir ce qu’elle signait. Ces accusations, portées 20 mois après le coup d’État militaire de 2023, interviennent trois ans après sa condamnation à vingt ans de prison pour détournement de fonds, accusations qu’elle nie catégoriquement.

La machine de communication gouvernementale s’est mise en place très rapidement après la diffusion de l’interview. Cette réaction musclée contraste avec le silence habituel de Libreville sur les dossiers sensibles. L’interview relance ainsi les tensions entre l’ancienne famille dirigeante et le pouvoir en place.

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