Gazoduc transsaharien : ce qui se joue entre Alger et Niamey

Des experts algériens et nigériens se sont réunis dimanche à Niamey pour préparer la 2ᵉ session de la Grande commission mixte bilatérale. La rencontre, coprésidée par Boualem Chebihi, directeur général Afrique au ministère algérien des Affaires étrangères, et Souleymane Issakou, secrétaire général du ministère nigérien des Affaires étrangères, a mis le projet de gazoduc transsaharien (TSGP) au premier plan des discussions.

Les échanges ont porté sur l’état d’avancement des accords liant les deux pays dans les domaines de l’énergie, des infrastructures, des télécommunications et des finances. En marge de l’ouverture des travaux, Abdoul Kader Inouab, directeur adjoint de la société pétrolière nigérienne SONIDEP, a déclaré sur la chaîne algérienne Al24 News que le TSGP « n’a jamais été interrompu dans son essence » et serait mis en œuvre « très prochainement ».

Un chantier de 13 milliards de dollars relancé après des années d’immobilisme

Le TSGP prévoit un tracé d’environ 4 200 km reliant les gisements gaziers du Nigeria à l’Algérie via le Niger, pour une capacité de transport estimée à 30 milliards de mètres cubes de gaz par an. Le coût total du projet est évalué à 13 milliards de dollars. Selon les estimations officielles, environ 60 % du tracé serait déjà réalisé, principalement en Algérie et au Nigeria ; il resterait à construire quelque 1 000 km en territoire nigérien et 700 km en Algérie.

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Le projet a connu une accélération diplomatique notable depuis la réconciliation algéro-nigérienne amorcée après la visite du président nigérien Tiani à Alger en février 2026. Le 16 de ce même mois, le président Tebboune a annoncé le lancement des travaux sur le tronçon nigérien « directement après le mois de Ramadan ». Dans la foulée, le 17 mars 2026, Sonatrach a dépêché une délégation technique à Niamey pour collecter les données relatives au tracé, examiner le cadre juridique et réglementaire et identifier les permis nécessaires.

La commission mixte, cadre institutionnel d’une coopération à concrétiser

La réunion d’experts de Niamey constitue l’étape préparatoire formelle avant la 2ᵉ session de la Grande commission mixte algéro-nigérienne, programmée le lundi 23 mars à Niamey. Ce cadre institutionnel doit notamment permettre d’inventorier les initiatives bilatérales existantes et d’en évaluer le degré d’exécution réel, plusieurs projets antérieurs n’ayant pas dépassé le stade des annonces.

La prochaine étape concrète attendue reste le démarrage effectif des opérations de terrain par Sonatrach en territoire nigérien, dont le calendrier est conditionné à la clôture du Ramadan 2026, fixée aux environs de fin mars.

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