Guerre en Ukraine : le Kenya amnistie ses citoyens recrutés par la Russie

Le Kenya a annoncé le 23 mars une amnistie pour ses ressortissants engagés dans les combats du côté russe en Ukraine, leur permettant de rentrer sans poursuites judiciaires. Cette décision intervient après des négociations diplomatiques menées au plus haut niveau à Moscou, où le gouvernement kenyan a obtenu l’engagement de la Russie de cesser le recrutement de ses citoyens.

Un accord arraché à Moscou

Le ministre kenyan des Affaires étrangères, Musalia Mudavadi, s’est rendu en Russie du 15 au 18 mars pour rencontrer son homologue Sergueï Lavrov. À l’issue de ces pourparlers, les deux pays ont convenu que le recrutement de Kényans dans l’armée russe prendrait fin et qu’aucune nouvelle enrôlement ne serait opéré par le ministère russe de la Défense. La Russie a également accepté de faciliter le rapatriement des blessés et d’assurer la restitution des dépouilles des personnes décédées dans des conditions appropriées.

Mudavadi a justifié cette amnistie en déclarant que « la tendance continue des Kényans à être enrôlés pour combattre dans le conflit russo-ukrainien a suscité une grave inquiétude ». Selon un rapport des services de renseignement kényans présenté au Parlement en février, plus de mille ressortissants kényans avaient été recrutés pour combattre au sein des forces russes.

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Les chiffres du rapatriement

Au moment de l’annonce de l’amnistie, le gouvernement kényan fait un premier bilan : 44 citoyens ont été rapatriés sains et saufs, 11 sont portés disparus ou ont été tués au combat. Par ailleurs, 38 se trouvent à l’hôpital, et 160 restent encore engagés sur le terrain. Le retour des autres ressortissants dépendra de la poursuite de la coopération diplomatique avec Moscou.

Une rupture avec la tradition juridique

Le Kenya interdit habituellement à ses citoyens de rejoindre des armées étrangères et prévoit des sanctions sévères pour ceux qui enfreignent cette règle. Cependant, le gouvernement a choisi d’adopter une approche plus humaine pour les combattants rapatriés, en privilégiant la diplomatie pour organiser leur retour. Les autorités kenyanes poursuivront également leurs négociations directes avec la Russie afin de faciliter le retrait des combattants restants et le transfert des blessés vers le Kenya.

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