Déposant sous serment devant la commission de supervision de la Chambre des représentants américaine le 27 février 2026 à Chappaqua (New York), l’ancien président Bill Clinton a livré une réponse ambiguë sur la mort de Jeffrey Epstein, affirmant que le financier condamné pour crimes sexuels avait « finalement été rattrapé », tout en déclarant ne pas savoir ce qui s’était réellement passé.
L’échange, rendu public le 2 mars après la diffusion des vidéos par la commission républicaine, intervient dans le cadre d’une enquête parlementaire sur les agissements d’Epstein et sur la façon dont les autorités fédérales ont géré les poursuites à son encontre. Arrêté en juillet 2019 pour trafic sexuel, Epstein est mort le 10 août 2019 dans sa cellule du centre correctionnel métropolitain de New York. Le médecin légiste de la ville a conclu à un suicide par pendaison, une conclusion contestée par le Dr Michael Baden, médecin légiste mandaté par la famille, qui avait évoqué des lésions davantage compatibles avec une strangulation homicide.
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C’est la représentante républicaine Lauren Boebert qui a posé la question directement à l’ancien président : « Croyez-vous qu’Epstein s’est suicidé ? » Avant qu’il puisse répondre, son avocate Cheryl Mills est intervenue pour contester la formulation. La question a finalement été reformulée. Clinton a alors répondu, selon la transcription publiée par ABC News : « Il a finalement été rattrapé — je ne sais pas. J’ai accepté ça dans mon esprit. Je ne sais pas ce qui s’est passé. » Pressé de préciser s’il acceptait la thèse du suicide, il a ajouté : « Que oui, il l’a fait. Mais je ne sais pas. Aucun de nous ne sait. »
Son épouse, l’ex-secrétaire d’État Hillary Clinton, déposée la veille dans les mêmes locaux, avait évoqué la mort d’Epstein en parlant d’un décès « mystérieux » en prison, selon la même vidéo publiée par la commission.
Une déposition historique sous contrainte
Les deux Clinton ont comparu à la suite d’une citation à comparaître émise en août 2025 par la commission républicaine. Ils avaient d’abord refusé de témoigner, avant de céder face à une menace formelle d’outrage au Congrès. Leurs auditions, menées séparément et à huis clos sur deux jours, constituent une première : jamais un ancien président américain n’avait été contraint de déposer sous subpoena devant une commission parlementaire depuis 1983.
Bill Clinton a nié toute connaissance des crimes d’Epstein, affirmant avoir mis fin à toute relation avec lui avant son premier plaidoyer de culpabilité en 2008 en Floride pour sollicitation de prostitution sur une mineure. Hillary Clinton a déclaré n’avoir aucun souvenir d’avoir rencontré Epstein. Les deux ont témoigné sous serment pendant plus de six heures chacun.
La commission a également entendu, en octobre 2025, l’ancien procureur fédéral Alexander Acosta, qui avait négocié en 2008 un accord très clément avec Epstein, largement critiqué. Le 1er mars 2026, le ministère de la Justice a publié 1 247 nouvelles pages de documents opérationnels liés à l’affaire, à la demande de la directrice du Renseignement national Pam Bondi.
La commission a annoncé la poursuite de ses travaux. Son président républicain, James Comer, a indiqué vouloir convoquer d’autres témoins, tandis que les démocrates réclament que Donald Trump, dont le nom figure à plusieurs reprises dans les fichiers Epstein rendus publics, soit également convoqué à déposer.
