Le chef d’état-major de Tsahal, le général Eyal Zamir, a lancé mercredi soir un avertissement sans précédent devant le cabinet de sécurité israélien : faute de réforme législative urgente sur la conscription, l’armée risque de « s’effondrer sur elle-même ». La déclaration intervient alors qu’Israël conduit depuis plus de deux ans des opérations militaires sur un nombre de fronts sans équivalent dans son histoire récente.
Depuis le 7 octobre 2023, Tsahal enchaîne les engagements. L’offensive terrestre à Gaza contre le Hamas se poursuit sans interruption. En septembre 2024, un second front s’est ouvert au Liban contre le Hezbollah, suivi d’un déploiement terrestre en octobre. Des frappes ont simultanément visé des cibles en Syrie, où l’armée israélienne a élargi sa zone de contrôle après la chute du régime Assad en décembre 2024. Depuis fin février 2026, une guerre ouverte contre l’Iran s’est ajoutée à cet ensemble dans le cadre de l’opération Roaring Lion. Des soldats de réserve effectuent désormais entre 100 et 200 jours de service par an, selon des sources militaires citées par le Jerusalem Post.
Zamir lève « dix drapeaux rouges »
Devant le Premier ministre Benjamin Netanyahu, les ministres et les responsables des services de sécurité, Zamir a dressé un tableau alarmant. Selon la chaîne israélienne Channel 13, il a réclamé l’adoption rapide de trois textes : une loi sur la conscription, une loi encadrant le service de réserve, et une loi prolongeant la durée du service obligatoire. Sans ces mesures, a-t-il averti, Tsahal ne serait plus en mesure d’assurer ses missions courantes et le système de réserve ne tiendrait plus.
Ce n’est pas la première fois que le chef d’état-major sonne l’alarme. En janvier, Zamir avait adressé une lettre circonstanciée à Netanyahu, au ministre de la Défense Israel Katz et au président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, Boaz Bismuth, avertissant que les effets de la pénurie se feraient sentir « dès l’année prochaine, et plus encore à partir de janvier 2027 ».
La question haredi au cœur du blocage
La crise de recrutement est indissociable du dossier de la conscription des ultra-orthodoxes (haredim). Quelque 80 000 hommes haredim âgés de 18 à 24 ans sont éligibles au service militaire mais restent non enrôlés. La Cour suprême israélienne a jugé à plusieurs reprises cette exemption inconstitutionnelle, sans que le gouvernement y donne suite. Netanyahu a annoncé, au début de l’opération Roaring Lion, que le projet de loi sur la conscription serait suspendu pour préserver l’unité de la coalition — qui dépend du soutien des partis haredim.
Réactions politiques immédiates
L’opposition a réagi vivement. Le chef de file de Yesh Atid, Yair Lapid, a déclaré que le gouvernement ignorait les avertissements du chef d’état-major. Le parti a adressé une lettre à Bismuth pour exiger la convocation d’une session d’urgence de la commission parlementaire compétente. Avigdor Lieberman, dirigeant d’Israël Beiteinou, a qualifié la situation de « crise de main-d’œuvre la plus grave de l’histoire de Tsahal ».
L’ancien chef d’état-major Gadi Eisenkot a estimé qu’une loi rendant le service obligatoire pour tous constituait « le besoin de l’heure ».
Le gouvernement devra se prononcer sur les trois textes législatifs réclamés par Zamir avant que la crise ne produise des effets opérationnels irréversibles — l’état-major fixant janvier 2027 comme seuil critique.

On ne comprend rien, l’Israél comme l’Ukraine ne déclarent pas de pertes militaires dans leurs guerres mais bizarrement, ils annoncent manquer de soldats.
Où sont alors passés ceux qui étaient envoyés aux fronts ?