Célébrer la journée internationale de la femme sans penser de manière rationnelle et objective le sens du mot femme reste à désirer. Simone Beauvoir avait déjà posé la question qu’est-ce qu’une femme dans son livre Le deuxième sexe en 1949 mais trouve que la femme est difficile à définir.
La définition de la femme rencontre deux problèmes corrélés. Le premier qui amène à gommer tout ce qui la différencie des hommes afin de la faire sortir d’une certaine aliénation car chaque différence est l’occasion d’une double dévalorisation. La femme doit donc être homme afin d’être humain. Le deuxième problème est que la définition substantielle de la femme implique une définition substantielle de l’homme sans quoi, l’on finirait par faire de l’un le négatif de l’autre.
Selon elle, l’évident vient du fait qu’« on ne naît pas femme mais qu’on le devient » car « tout être humain femelle n’est donc pas une femme ». Pour devenir donc femme, il faut nécessairement « participer à cette réalité mystérieuse et menacée qu’est la féminité ». Dans un monde en perpétuel mutation, où les contre-valeurs deviennent des valeurs, où la course juvénile manquant de repère commet des impairs, il est nécessaire pour nous de repenser la femme afin que la société à venir puisse avoir de repères.
Il ne s’agit pas d’être féministe pour se proclamer femme car la première déclaration des droits de l’homme règle déjà le problème du féminisme en affirmant que « tous les hommes naissent libres et égaux en droit et en dignité ». Le mot homme désigne les deux sexes. C’est donc la mauvaise interprétation de cette déclaration et le poids de la culture qui rabaissent la femme.
Ce qui est obvie, c’est que la femme a une certaine dignité à sauvegarder. Le féminisme devrait servir à redonner la vraie valeur à la femme, puisque sans ambages, la génération future aura beaucoup de difficultés commençant par les filles des femmes nées de l’an 2000 à aujourd’hui deviennent des mères de famille. Soutenir la pensée de Rousseau dans son livre Emile ou de l’éducation – la femme est subalterne à l’homme – n’est pas notre problème. Ce qui nous inquiète, c’est l’énigmatique être femme. Nous allons exposer la manière de vivre des femmes surtout africaines à notre époque et montrer ce qu’elles doivent être.
La femme comme une affirmation de soi
La femme n’est plus perçue dans son essence mais dans son déploiement à chaque époque. Aujourd’hui la femme n’est qu’une affirmation de soi afin de se libérer de ses propres devoirs. Les filles d’aujourd’hui ne pensent plus que toute vie à une éthique mais veulent vivre hors de leur culture et sans éthique. La femme africaine perd de plus en plus sa valeur et ne veut qu’être civilisée car, la télévision, les réseaux sociaux leur proposent des contre-exemples comme des exemples.
Le contact avec l’Occident a eu beaucoup d’incidents dans la vie des filles. C’est ce qui explique la conception de l’homosexuel dans nos sociétés africaines. Combien d’entre elles ne se déclarent pas lesbiennes alors qu’elles se réclament femmes ? Tout leur intérêt se concentre sur l’auto-affirmation de leur genre en société, l’incessante revendication de prétendus droits et le délaissement de leurs devoirs.
Plusieurs filles et surtout à partir de l’an 2000 veulent vivre à la manière occidentale à cause des feuilletons sans oublier qu’aujourd’hui, l’Occident n’est plus un repère et que la femme doit être ancrée dans sa culture car, elle est la gardienne de la tradition et la transmet de génération en génération à travers l’éducation. Comment et quoi transmettre à la progéniture si la société détruit l’éducation reçue par la femme ? La femme est quoi ?
La femme, un univers en elle-même
La femme est celle qui donne la vie et l’entretient. Sans elle, il n’y a pas de vie. Elle assure donc le rôle de mère dans une famille mais ne peut être réduite à un tel profil. Elle est éducatrice car elle est la première qui s’occupe de l’enfant au sein d’une famille. La femme est aussi repère de l’enfant qu’elle éduque car, le premier livre que l’enfant lie c’est le déploiement de la vie de sa mère.
Elle a donc l’obligation de trouver un équilibre entre ce qu’elle enseigne et ce qu’elle est. Être femme, ce n’est pas revendiquer ses droits encore que le problème d’égalité entre homme-femme est désormais de plus en plus réglé dans notre pays ; on constate de plus en plus qu’elles occupent plusieurs postes dans les institutions et animent le débat politique.
Être donc femme c’est se construire, construire la société en assumant avec fierté ses devoirs. Toi fille, es-tu vraiment une femme ? Quel héritage peux-tu léguer à la progéniture si tu refuses d’être éduquée ? Nous saluons la mémoire de ces braves femmes qui ont lutté pour leur émancipation sans délaisser leurs devoirs, de nos mères qui nous ont éduqués avec une certaine fierté ; et à travers elles nous lançons un appel à nos sœurs, les mères futures à prendre au sérieux leur rôle de femme pour sauver notre société de certaines dérives.
Nicholson Antoine Houénoumabou KOHOUN
Étudiant-Séminariste en cycle de philosophie

