L'Iran réclame une facture de guerre et refuse tout cessez-le-feu sans elle

Depuis la mort de Khamenei, l’Iran n’a pas reculé d’un millimètre — et son chef de la diplomatie vient de hausser le ton. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré vendredi 21 mars 2026 que Téhéran refuse tout cessez-le-feu avec les États-Unis et Israël, exigeant une fin totale et permanente des hostilités assortie de réparations financières pour les dommages subis. Ces déclarations ont été faites dans le cadre d’un entretien téléphonique accordé à l’agence de presse japonaise Kyodo News, au 22e jour d’un conflit qui a profondément reconfiguré le rapport de force au Moyen-Orient.

Téhéran refuse la logique de trêve

Araghchi a formulé la position iranienne sans ambiguïté : « Nous cherchons non pas un cessez-le-feu, mais une fin complète, globale et durable à la guerre », selon Kyodo News. Le chef de la diplomatie iranienne a précisé que toute issue négociée devra inclure des garanties formelles contre de nouvelles attaques, ainsi qu’une compensation pour l’ensemble des préjudices infligés à l’Iran depuis le début des frappes.

La référence au « scénario de l’an passé » vise directement la guerre des Douze Jours de juin 2025, au cours de laquelle les États-Unis et Israël avaient frappé les installations nucléaires iraniennes avant de solliciter eux-mêmes un cessez-le-feu. Araghchi a indiqué que ce précédent, où l’arrêt provisoire des hostilités avait permis aux deux pays de se réorganiser pour attaquer à nouveau, ne saurait se reproduire.

Publicité

Un conflit ouvert depuis le 28 février

La guerre en cours a débuté le 28 février 2026, lorsque les États-Unis et Israël ont lancé des frappes massives et simultanées sur l’ensemble du territoire iranien, touchant 24 provinces. Le Guide suprême Ali Khamenei a été tué ce même jour dans une frappe sur son complexe à Téhéran ; sa mort a été confirmée par les médias d’État iraniens le 1er mars. L’Assemblée des experts a désigné son fils, Mojtaba Khamenei, comme nouveau Guide suprême le 9 mars. Selon Al Jazeera, les frappes initiales ont fait au moins 1 400 morts côté iranien, dont plusieurs hauts responsables militaires et sécuritaires.

L’Iran a riposté par des tirs de missiles et de drones contre des bases américaines dans la région et contre le territoire israélien, provoquant la fermeture partielle du détroit d’Ormuz, par lequel transite environ un cinquième de la consommation mondiale de pétrole.

Les médiations au point mort

Araghchi a reconnu l’existence d’initiatives diplomatiques en cours, tout en relevant que Washington ne semblait pas disposé à cesser ses opérations. Il a réitéré des déclarations similaires lors d’une conversation téléphonique avec la secrétaire d’État britannique à l’Intérieur, Yvette Cooper, l’avertissant que l’accès accordé par Londres à ses bases militaires aux forces américaines serait considéré comme une participation directe aux hostilités.

Du côté américain, le président Donald Trump a évoqué la possibilité d’une réduction de l’engagement militaire américain, sans annoncer d’arrêt des opérations. Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a annoncé que les frappes sur l’Iran seraient intensifiées « de manière significative » dans les prochaines semaines, selon l’agence AP.

Laisser un commentaire