Souhaib Qabli, rappeur marocain de 23 ans, a été condamné jeudi soir par le tribunal de première instance de Taza à huit mois de prison ferme et une amende de 1 000 dirhams pour outrage à une institution constitutionnelle par voie électronique.
Une arrestation à Fès, un jugement à Taza
Placé en garde à vue le 2 mars 2026 à Fès, Qabli avait été transféré vers Taza deux jours plus tard sur ordre du procureur, qui avait requis son maintien en détention. Ses chansons, diffusées sur les réseaux sociaux, visaient la normalisation du Maroc avec Israël, les défaillances des services publics et les restrictions à la liberté d’expression. Le tribunal n’a pas précisé quelle institution constitutionnelle aurait été outragée.
L’avocat du rappeur, Mohamed Taifi, a annoncé faire appel : « Le tribunal n’a pas précisé ce qu’il entendait par institution constitutionnelle. »
La normalisation marocaine, un sujet de tension persistant
Le 10 décembre 2020, le roi Mohammed VI a signé un accord de normalisation avec Israël, négocié par l’administration Trump, faisant du Maroc le sixième pays de la Ligue arabe à reconnaître l’État hébreu. En contrepartie, Washington a reconnu la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. Cet accord avait été conclu sans consultation préalable du Parlement, selon l’analyste Omar Brouksy, et avait suscité l’opposition de plusieurs franges de la société civile marocaine.
Qabli est membre d’Al Adl Wal Ihsane, association islamiste interdite mais tolérée par les autorités. Son arrestation est la dernière d’une série de condamnations visant de jeunes artistes marocains, selon l’Associated Press.
Appel annoncé
La défense dispose de dix jours à compter du prononcé du verdict pour déposer formellement son recours. L’issue de cette procédure déterminera si Qabli purgera sa peine ou sera remis en liberté dans l’attente d’un nouveau jugement.



