Romain Saïss, ancien capitaine de la sélection marocaine, a exprimé son amertume face au geste manqué de Brahim Díaz en finale de la CAN 2025. L’ex-défenseur, interrogé le 5 mars 2026 par le youtubeur Colinterview, demeure profondément affecté par cet événement qui s’est déroulé à la dernière seconde du temps réglementaire face au Sénégal.
Une opportunité gâchée à domicile
Lors de la finale de la CAN 2025 qui opposait le Maroc au Sénégal, disputée le 18 janvier 2026 à domicile, Brahim Díaz s’est présenté face au gardien sénégalais Édouard Mendy à la dernière seconde du temps réglementaire alors que le match restait bloqué à 0-0. Le milieu offensif du Real Madrid a opté pour une panenka, tentant de tromper le portier par un tir molle au centre. Le geste s’avéra insuffisant et Mendy s’en empara sans difficulté, manquant une opportunité qui aurait pu offrir au Maroc le titre qu’il n’avait pas remporté depuis des années. Le match se poursuivit jusqu’aux tirs au but, que le Sénégal remporta, mettant fin aux espoirs des Lions de l’Atlas de soulever le trophée à domicile. Pour Saïss, la situation rendait cette tentative d’autant plus inacceptable : le Maroc n’avait remporté la Coupe d’Afrique depuis cinquante ans, et plus de deux décennies s’étaient écoulées depuis sa dernière présence en finale.
Saïss confie son incompréhension du moment. « Tu ne peux pas faire ça maintenant », aurait-il pensé en voyant Díaz s’avancer. Il explique son raisonnement : « Ça faisait 50 ans que le Maroc n’avait pas remporté la Coupe d’Afrique, plus de 20 ans depuis la dernière finale, et nous étions à domicile. »
L’ambition devenue fardeau
L’ancien capitaine n’hésite pas à analyser les motivations du joueur du Real Madrid. « Il aurait pu être le héros, il a voulu être le super-héros », résume-t-il. Selon Saïss, cette volonté de transcendance aura au contraire terni la CAN de Díaz, qui termina néanmoins meilleur buteur de la compétition.
Interrogé sur la possibilité d’une intention délibérée, Saïss écarte cette hypothèse avec fermeté, estimant que « à ce niveau-là, faut arrêter de dire des conneries ». Il reconnaît toutefois que cinq semaines après les faits, il « se sent vide ». Cette tension contribuera à l’éclosion d’une altercation ultérieure entre Díaz et son coéquipier international marocain Ilias Akhomach lors d’une rencontre du Real Madrid.
Des réactions contrastées
La panenka ratée avait suscité des réactions variées dans le milieu du football. Antonin Panenka, l’inventeur du geste, avait déploré le manque de préparation du tireur, tandis que le sénégalais Iliman Ndiaye l’avait qualifiée d’irrespectueuse. Le bilan sportif demeure inchangé : le Sénégal remporta la finale aux tirs au but.
Saïss conclut en formulant un souhait pour l’avenir : que cette expérience serve de leçon à Díaz pour sa carrière internationale. « Moi, ce que je lui souhaite — et je pense au bien de la sélection — c’est que ça lui serve pour la suite. » a t-il déclaré. Le fossé creusé par ce moment restera un repère dans l’histoire récente du football marocain.

