Le ministère mauritanien des Affaires étrangères a rejeté lundi 16 mars 2026 les déclarations de l’armée malienne, qui affirmait que deux de ses soldats captifs avaient réussi à fuir un camp de réfugiés situé sur le territoire mauritanien. Nouakchott qualifie ces accusations de « totalement infondées et profondément offensantes » rapporte l’agence APANews.
La tension entre ces deux pays voisins partageant une longue frontière commune a été déclenchée dimanche par un communiqué de l’État-major général des Armées maliennes (EMGA). Selon ce texte, le cavalier de 1ère classe Mohamed Wangaraba, du 633e escadron de reconnaissance, et le cavalier de 1ère classe Mahamed El Maouloud Diallo, du 635e régiment blindé, auraient réussi à quitter le camp de M’Berra dans la nuit du 13 au 14 mars. Enlevés le 9 octobre 2025 sur le fleuve Niger alors qu’ils étaient en permission, les deux militaires auraient regagné le territoire malien grâce aux opérations menées par les Forces armées maliennes (FAMa) le long de la frontière, notamment dans la forêt du Wagadou. Récupérés à Goundam, dans la région de Tombouctou, ils ont été remis à la prévôté militaire.
Nouakchott dénonce une accusation sans preuve ni consultation
Relayant un communiqué de l’Agence Mauritanienne d’Information, le gouvernement mauritanien dit avoir appris ces déclarations « avec stupéfaction et indignation ». Il reproche à Bamako d’avoir formulé des accusations graves sans preuve et sans recourir aux canaux diplomatiques habituels.
Les autorités mauritaniennes rappellent que le camp de M’Berra, géré sous la supervision du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), accueille depuis près de trente ans des dizaines de milliers de réfugiés, en grande majorité maliens. Elles soulignent que le site fait l’objet d’un suivi permanent et reste accessible aux acteurs humanitaires ainsi qu’aux autorités de Bamako. Laisser entendre que des groupes terroristes auraient pu y détenir des otages est jugé « grave » par Nouakchott.
Un différend bilatéral déjà fragilisé
Cette friction survient alors que les relations entre les deux pays voisins restaient déjà tendues. En octobre 2025, le président malien de la Transition, Assimi Goïta, avait reçu à Bamako le ministre mauritanien des Affaires étrangères Mohamed Salem Ould Merzoug, porteur d’un message du président Mohamed Cheikh El Ghazouani, pour tenter d’apaiser des différends liés aux expulsions de migrants maliens depuis la Mauritanie et aux fermetures de commerces appartenant à des opérateurs mauritaniens au Mali. Les deux parties avaient alors convenu de relancer leur grande commission mixte bilatérale.
Nouakchott affirme privilégier le dialogue direct pour éviter toute escalade, tout en appelant Bamako à « davantage de rigueur » dans ses communications officielles. Le gouvernement mauritanien se réserve néanmoins le droit de prendre les mesures qu’il jugera nécessaires pour défendre « son image, sa souveraineté et la vérité factuelle ».

