Le débat autour de la candidature de Macky Sall, ancien président du Sénégal, au poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU) s’est intensifié ce 5 mars 2026 avec une prise de position publique d’Alioune Tine, militant des droits de l’homme et fondateur de l’organisation Afrikajom Center. Sur le réseau social X, il a appelé le président Bassirou Diomaye Faye à examiner « le caractère sérieux et stratégique » de cette candidature en profondeur, en particulier en ce qui concerne la « place de l’Afrique dans la gouvernance mondiale ».
La réaction de M. Tine intervient alors que le gouvernement sénégalais a affirmé ne pas avoir été associé à la démarche diplomatique par laquelle le Burundi, président tournant de l’Union africaine, a officiellement présenté la candidature de l’ex‑chef de l’État sénégalais auprès de l’ONU, alors que les relations entre Macky Sall et le gouvernement actuel sont marquées par des désaccords politiques et institutionnels, notamment autour de la gestion de la dette publique héritée de son mandat, que le Premier ministre Ousmane Sonko qualifie de problème grave pour le pays.
À lire aussi
Guerre au Proche-orient : Sonko soutient l'Iran «agressé», Faye l'Arabie Saoudite «agressée»Une candidature internationale déjà formalisée
La candidature de Macky Sall a été soumise officiellement le 2 mars 2026 à la présidence de l’Assemblée générale des Nations unies par le représentant permanent du Burundi à New York, dans le cadre de la succession du Secrétaire général sortant António Guterres. Le scrutin pour ce poste, qui prendra effet en janvier 2027, s’annonce compétitif avec plusieurs personnalités déclarées.
Au Sénégal, cette démarche a suscité des réactions contrastées. Le ministre Cheikh Niang, chargé de l’intégration africaine et des affaires étrangères, a confirmé que l’État n’avait pas été associé à ce dépôt de candidature ni consulté officiellement, soulignant que le soutien formel d’un État se fait par la plus haute autorité nationale.
Alioune Tine interpelle le chef de l’État
Dans son message posté ce jeudi sur X, Alioune Tine rappelle que la candidature de Macky Sall est enregistrée aux Nations unies et qu’il convient pour le Sénégal de ne pas rester « indifférent indéfiniment ». Il insiste sur l’évaluation du leadership diplomatique de l’État et des intérêts géopolitiques de l’Afrique. Selon lui, en tant que seul candidat africain déclaré à ce stade, cette dynamique appelle une réponse claire de Dakar du point de vue stratégique.
M. Tine ajoute que Diomaye Faye ne peut ignorer cette question, compte tenu de la portée internationale d’un poste aussi élevé et des enjeux liés à l’influence du continent dans les instances multilatérales.
Une réponse politique attendue
À ce stade, le gouvernement sénégalais n’a pas encore fait connaître une position officielle de soutien ou de rejet concernant la candidature de Macky Sall. L’exécutif, par la voix du ministre Cheikh Niang, a simplement noté que la démarche n’avait pas été initiée ou validée par l’État.
La prochaine étape notable dans ce processus reste l’élection du secrétaire général de l’ONU, prévue à l’Assemblée générale à l’automne 2026, où la question du soutien sénégalais – ou de son absence – pourrait devenir un sujet politique concret tant à Dakar qu’à New York.
