Parti Les Démocrates : Le démon de la division toujours enraciné

(Un besoin urgent d’exorcisme) Le rideau est tombé sur le Conseil national du parti Les Démocrates, mais le spectacle qui s’y est joué ressemble davantage à un psychodrame politique qu’à une passation de pouvoir sereine. Entre la désignation contestée de Nourénou Atchadé et la résistance de fer d’Éric Houndété, la principale force d’opposition s’enfonce dans une crise de légitimité qui menace ses fondements mêmes. Plus que jamais, le parti semble hanté par de vieux démons que seule une cure de vérité — un véritable exorcisme politique — pourrait chasser.

Tout semblait pourtant tracé. Après la démission surprise de l’ancien président Thomas Boni Yayi le 4 mars dernier, le parti devait se choisir un nouveau chef pour conduire la barque jusqu’au congrès d’octobre 2026. Réunis au Chant d’Oiseau à Cotonou, les cadres du parti ont accouché, au petit matin du lundi 23 mars, d’une décision qui fait l’effet d’une bombe : la promotion de Nourénou Atchadé, actuel deuxième vice-président, au poste de président.

Mais derrière les sourires de façade et les communiqués radiophoniques de Kamar Ouassagari, la réalité est bien plus sombre. Cette élection s’est faite dans un climat de « marche forcée », au mépris des procédures selon une partie du bureau. Alors que l’aube pointait, le parti s’est réveillé avec deux têtes, ou plutôt, une tête contestée et un corps qui refuse de suivre.

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La contre-attaque d’Éric Houndété 

La réaction ne s’est pas fait attendre. Dès le lendemain, le 24 mars, Éric Houndété, premier vice-président et jusque-là président par intérim, a brisé le silence dans une déclaration fracassante accordée à Matin Libre Tv. Pour lui, ce qui s’est passé au Chant d’Oiseau n’est ni plus ni moins qu’une forfaiture.

« Des agendas qui ne sont pas ceux du parti s’emparent de certaines personnes… Eric Houndété reste et demeure le président par intérim du parti », a-t-il martelé avec une fermeté glaciale.

Houndété dénonce une manipulation orchestrée par des « gens de l’ombre » et des « ambitions démesurées ». Selon sa version des faits, il aurait lui-même levé la séance face au désordre et aux perturbations avant qu’un groupe dissident ne procède à la nomination d’Atchadé en totale violation des statuts. Le constat est amer : l’unité tant vantée du parti n’est qu’un voile pudique jeté sur une guerre de tranchées.

L’héritage empoisonné de l’affaire Sodjinou

Cette nouvelle crise n’est malheureusement pas un incident isolé. Elle est le prolongement d’un malaise profond qui ronge Les Démocrates depuis l’onde de choc de l’affaire Sodjinou. Ce scandale avait déjà fissuré l’édifice, installant un climat de suspicion généralisée et de paranoïa au sein de l’état-major.

Aujourd’hui, le parti paie le prix de son incapacité à solder les comptes du passé. Le départ de Boni Yayi, figure tutélaire et ciment de l’organisation, a laissé un vide que les courants internes tentent de combler par la force plutôt que par le consensus. Le « démon de la division », loin d’être exorcisé, semble avoir trouvé un nouveau terreau fertile dans la perspective des échéances électorales à venir.

Un besoin urgent d’exorcisme institutionnel

Le parti Les Démocrates est à la croisée des chemins. Peut-il se permettre le luxe d’une guerre de chefs alors que le peuple attend une alternative crédible au pouvoir en place ? La situation actuelle est un signal d’alarme. Comment prôner le respect des textes constitutionnels au niveau national si le parti est incapable de respecter ses propres statuts ? Si une session extraordinaire n’est pas convoquée rapidement pour laver le linge sale, le parti risque de se scinder en deux blocs irréconciliables. Les accusations de manipulation portées par Houndété suggèrent que le parti est infiltré ou téléguidé, ce qui fragilise la confiance des militants de base.

L’exorcisme nécessaire ne passera pas par des prières, mais par un retour rigoureux à la légalité statutaire. Il est impératif que les « lettres de noblesse » du parti soient retrouvées à travers un dialogue franc, loin des influences occultes et des ego surdimensionnés.

Prochain congrès, l’horizon ou le précipice ?

Le nouveau président désigné, Nourénou Atchadé, a la lourde tâche de prouver sa légitimité, tandis qu’Éric Houndété se pose en gardien du temple. Si le parti ne parvient pas à stabiliser sa gouvernance avant le prochain congrès, il pourrait arriver dans l’après 2026, non pas en conquérant, mais en champ de ruines.

Le peuple béninois, qui regarde avec attention ce qui reste de son opposition, mérite mieux que ce spectacle de désunion actuel. L’heure de l’exorcisme a sonné. Reste à savoir qui, des Démocrates, aura le courage de porter l’eau bénite de la réconciliation.

1 réflexion au sujet de “Parti Les Démocrates : Le démon de la division toujours enraciné”

  1. « Le peuple béninois, qui regarde avec attention ce qui reste de son opposition, mérite mieux que ce spectacle de désunion actuel. »

    Evidemment le peuple mérite mieux!!!

    Seulement, ce parti est contrôlé depuis sa création de l’extérieur. L’épisode SODJINOU est l’illustration de la manipulation. Le clan dont fait partie SODJINOU est le mal de ce parti.
    Il faudrait bien crever l’abcès, expulser les microbes, aseptiser la plaie pour une guérison définitive.

    Le parti LD est un parti d’opposition, aucune raison ne peut justifier qu’il apporte son soutien à ses bourreaux. Il peut être affaibli, mais le peuple souverain n’est pas naïf, il sait très bien d’où vient le problème.
    Ceux qui veulent soutenir WADAGNI peuvent le faire individuellement sans entrainer le parti.

    Une opposition crédible ne se pr@stitue pas. Si certains veulent se pr@stituer libre à eux. On peut bien aider à construire le pays tout en restant dans un parti d’opposition. Etre un opposant, ce n’est pas être en guer re contre ceux qui sont au pouvoir, c’est juste avoir des approches différentes.

    Que le pouvoir libère le peuple et les institutions du pays, afin que le jeu démocratique soit saint. C’est tout ce qu’on demande.

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