La Confédération des États du Sahel (AES), organisation regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger, a exprimé jeudi 19 mars 2026 sa « vive indignation » après l’adoption d’une résolution par le Parlement européen sur la situation de l’ancien président nigérien Mohamed Bazoum. Le texte adopté le 12 mars 2026 par l’institution européenne évoque notamment les conditions de détention de l’ex-chef d’État renversé en juillet 2023.
Dans un communiqué officiel, l’AES qualifie cette initiative d’ « ingérence grave, concertée et délibérée » dans les affaires internes d’un État souverain, visant directement le Niger, membre de l’alliance sahélienne depuis sa création en 2023.
Une réaction collective des États sahéliens
La déclaration de l’AES intervient quelques jours après la prise de position du Parlement européen. Selon le communiqué de l’organisation, cette résolution constitue une atteinte à la souveraineté des États membres et s’inscrit dans une logique d’intervention extérieure rejetée par les autorités sahéliennes.
L’AES, qui regroupe des pays dirigés par des autorités issues de transitions militaires, affiche depuis sa mise en place une ligne commune sur les questions de sécurité et de gouvernance. La situation de Mohamed Bazoum, détenu depuis le coup d’État du 26 juillet 2023 au Niger, reste un point de tension récurrent avec plusieurs partenaires internationaux.
Une résolution européenne centrée sur la détention de Bazoum
Le Parlement européen a adopté le 12 mars 2026 une résolution portant sur le Niger, avec un accent particulier sur le sort de l’ancien président. Ce type de texte, non contraignant, permet à l’institution de formaliser sa position politique sur des situations internationales.
Dans cette résolution, les eurodéputés expriment leurs préoccupations concernant la détention prolongée de Mohamed Bazoum et appellent à des garanties sur ses droits. Le Parlement européen ne dispose toutefois pas de pouvoir exécutif direct en matière de politique étrangère, celle-ci relevant principalement des États membres de l’Union européenne.
Des tensions diplomatiques persistantes
Les autorités nigériennes ont déjà réagi à plusieurs prises de position extérieures sur la transition en cours depuis le renversement de Mohamed Bazoum en juillet 2023. La résolution du Parlement européen pourrait alimenter davantage ces divergences, sans entraîner d’effet juridique immédiat. À ce stade, aucune mesure concrète de l’Union européenne n’a été annoncée à la suite de ce vote, qui reste une prise de position politique.
