Six soldats français blessés en Irak dans une attaque revendiquée par une milice pro-iranienne

Six militaires français ont été blessés jeudi 12 mars 2026 lors d’une frappe de drones sur une base conjointe franco-peshmerga à Makhmour, dans le Kurdistan irakien.

Une base de formation visée par deux drones

La frappe a touché le site militaire de Mala Qara, situé à une quarantaine de kilomètres au sud-ouest d’Erbil. Selon l’état-major français, les six soldats étaient « engagés dans des actions de formation à la lutte contre le terrorisme auprès de partenaires irakiens ». Ils ont été immédiatement transportés vers le centre médical le plus proche. Le gouverneur d’Erbil, Omed Koshnaw, a précisé que leurs blessures n’étaient pas graves et qu’aucun combattant peshmerga n’avait été touché.

Deux drones ont conduit l’attaque, selon Kurdistan 24. L’opération survient quelques heures après une frappe distincte contre une base militaire italienne dans la même enceinte d’Erbil, sans faire de blessés. Le ministère de la Défense italien a qualifié cette attaque de délibérée, précisant qu’elle visait un site accueillant des personnels de l’OTAN. L’Italie a annoncé dans la foulée le retrait temporaire de l’ensemble de son personnel.

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Ashab al-Kahf revendique, Téhéran en toile de fond

La milice chiite irakienne Ashab al-Kahf a revendiqué l’attaque. Selon Reuters, des milices chiites irakiennes ont intensifié leurs opérations de drones et missiles contre les intérêts américains et de la coalition au cours des trois à quatre derniers jours, d’après trois sources sécuritaires irakiennes et deux sources proches des groupes concernés. Cette montée en cadence serait une réponse aux frappes américano-israéliennes sur l’Iran engagées depuis le 28 février 2026.

Un conflit régional aux répercussions croissantes sur les forces occidentales

Depuis le 28 février, les États-Unis et Israël mènent des frappes en Iran. Washington a annoncé avoir ciblé environ 6 000 objectifs en moins de deux semaines, dont plus de 90 navires iraniens, selon le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom). En réponse, l’armée iranienne a menacé de détruire les infrastructures pétrolières et gazières du Golfe en cas d’attaque contre ses propres installations. Le détroit d’Ormuz, par lequel transitent environ 20 % des approvisionnements mondiaux en pétrole et en GNL, est désormais quasi bloqué selon l’Agence internationale de l’énergie.

Le nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a appelé dans son premier message public les pays de la région à fermer les bases américaines sur leur sol, promettant de venger « jusqu’au bout » les victimes du conflit. Reuters rapporte par ailleurs que la France déploie une dizaine de bâtiments navals, dont son groupe aéronaval, en Méditerranée, en mer Rouge et potentiellement vers le détroit d’Ormuz, en soutien défensif aux alliés menacés.

Paris n’a pas encore communiqué sur d’éventuelles mesures de protection renforcée ou de repositionnement de ses troupes au Kurdistan irakien. Une réaction officielle du gouvernement français serait attendue dans les prochaines heures, selon des sources proches du dossier.

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