Le président américain Donald Trump a reconnu jeudi la possibilité de représailles iraniennes sur le territoire des États-Unis, dans un entretien accordé au magazine Time publié le 5 mars 2026, une semaine après le déclenchement des frappes militaires conjointes américano-israéliennes contre l’Iran.
Interrogé par le correspondant Eric Cortellessa sur la légitimité des craintes des Américains face à d’éventuelles attaques sur leur sol, le président a répondu : «Je suppose. Mais je crois qu’ils s’en inquiètent tout le temps. Nous y pensons tout le temps. Nous nous y préparons. Mais oui, certaines personnes mourront. Quand on fait la guerre, des gens meurent.» Cette admission intervient alors que six militaires américains ont été tués lors d’une frappe de drone iranien sur un centre de commandement américain au Koweït depuis le début du conflit.
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Le Bureau fédéral d’investigation suit activement la menace de cellules dormantes iraniennes susceptibles d’avoir été activées aux États-Unis depuis le lancement de l’opération militaire le 28 février. Le Department of Homeland Security a parallèlement mis en garde contre un risque accru d’attaques isolées et de cyberattaques, conduisant les autorités locales et fédérales à rehausser leur niveau d’alerte. Une fusillade survenue le 1er mars à Austin, au Texas, qui a fait deux morts et quatorze blessés, fait l’objet d’une enquête du FBI pour terrorisme à nexus iranien potentiel.
Depuis le 28 février, l’Iran a tiré, selon une source militaire citée par l’agence Fars News, plus de 500 missiles balistiques et navals et près de 2 000 drones contre des bases américaines et des territoires alliés dans le Golfe, dont la base aérienne d’Al Udeid au Qatar. Plus de 1 000 personnes seraient mortes au total dans le conflit au 4 mars, selon la Croix-Rouge iranienne.
La mort de Khamenei et la question de la succession
Les frappes initiales ont tué le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, qui dirigeait la République islamique depuis 36 ans. Plusieurs hauts responsables iraniens pressentis comme successeurs potentiels ont également péri dans les bombardements. La succession au poste de guide suprême n’est pas encore formellement tranchée : Mojtaba Khamenei, fils du défunt, est le candidat favori au sein du régime, selon plusieurs médias occidentaux. Trump a indiqué préférer un dirigeant «populaire au sein de l’Iran», écartant explicitement la candidature du prince en exil Reza Pahlavi.
Sur le plan diplomatique, Téhéran a rejeté toute perspective de cessez-le-feu immédiat. Le ministre iranien des Affaires étrangères a publiquement mis en garde Washington contre une éventuelle invasion terrestre, qu’il a qualifiée de «grand désastre» pour les forces américaines. Les prochaines séances de briefing du Pentagone devant le Congrès américain devraient préciser l’ampleur des objectifs militaires encore en cours et le calendrier opérationnel du conflit.
