USA : une erreur d’IA envoie une quinquagénaire en prison pendant 5 mois

Aux États-Unis, Angela Lipps, une Américaine de 50 ans vivant dans le Tennessee, a passé plus de cinq mois en détention après avoir été identifiée à tort dans une affaire de fraude bancaire grâce à un logiciel de reconnaissance faciale utilisant l’intelligence artificielle. L’affaire, rendue publique ces dernières semaines, a conduit la police de Fargo, dans le Dakota du Nord, à reconnaître des erreurs dans la procédure après l’abandon des poursuites.

L’arrestation remonte au 14 juillet 2025. Angela Lipps a été interpellée dans le Tennessee alors qu’un mandat avait été lancé à son encontre dans le Dakota du Nord, où elle était soupçonnée d’avoir participé à une série de fraudes bancaires. D’après les explications données par le chef de la police de Fargo, Dave Zibolski, à CNN et reprises par plusieurs médias américains, un outil de reconnaissance faciale exploité par la police de West Fargo a rapproché son image d’une fausse pièce d’identité utilisée dans le dossier.

Une identification contestée dès l’enquête

La police a expliqué qu’elle ne s’était pas fondée uniquement sur le logiciel, affirmant avoir mené d’autres vérifications avant de transmettre le dossier au bureau du procureur du comté de Cass. Mais lors d’une conférence de presse organisée le 24 mars, Dave Zibolski a reconnu que l’outil utilisé avait contribué à l’erreur et annoncé que son service ne s’appuierait plus sur ce système externe dans les enquêtes en cours.

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Angela Lipps a d’abord été détenue dans une prison du Tennessee pendant plusieurs mois, avant d’être transférée dans le Dakota du Nord. Sur une cagnotte GoFundMe ouverte après sa libération, elle raconte avoir été escortée menottée dans un aéroport pour ce qui était, selon ses mots, son premier voyage en avion. Une fois assistée par un avocat dans le Dakota du Nord, des relevés bancaires ont été produits pour montrer qu’elle se trouvait dans le Tennessee au moment des faits reprochés.

Les poursuites abandonnées avant Noël

Le 23 décembre 2025, un détective, le procureur et un juge ont accepté de classer le dossier sans suite immédiate afin de permettre la poursuite des vérifications, selon la police de Fargo. Angela Lipps a été libérée le lendemain, la veille de Noël. Elle affirme depuis avoir perdu son logement, ses biens personnels et une partie de sa stabilité financière durant sa détention.

L’affaire relance le débat sur l’usage policier de la reconnaissance faciale aux États-Unis. En 2020, Robert Williams avait déjà été arrêté à tort dans le Michigan après une correspondance erronée générée par un logiciel similaire, selon l’ACLU. Cette organisation de défense des libertés publiques rappelle que cette affaire avait conduit à l’un des premiers dossiers largement documentés de fausse arrestation liée à cette technologie. En juin 2024, un accord conclu dans cette procédure a d’ailleurs conduit à un encadrement renforcé de l’usage de la reconnaissance faciale par la police de Detroit.

À Fargo, la police a indiqué qu’elle réexaminait désormais l’enquête afin d’identifier le véritable suspect et a mis en place un contrôle hiérarchique supplémentaire sur tout recours futur à la reconnaissance faciale.

1 réflexion au sujet de “USA : une erreur d’IA envoie une quinquagénaire en prison pendant 5 mois”

  1. L’Intelligence Artificielle Américaine n’est pas plus intelligente que la vraie !
    On se demande pourquoi.

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