Les chefs d’état-major du Burkina Faso, du Mali et du Niger se réunissent les 16 et 17 avril 2026 à Ouagadougou pour valider une forte augmentation des effectifs de la Force unifiée de l’Alliance des États du Sahel (AES). Selon le général de brigade Moussa Diallo, président du comité des chefs d’état-major de l’AES, les effectifs passeraient de 6 000 à 15 000 soldats, ce qui marquerait un saut majeur pour ce bras armé commun des trois pays du Sahel central.
La rencontre fait suite à dix jours de travaux techniques conduits par des experts militaires de la confédération, réunis à Ouagadougou du 7 au 15 avril. Les conclusions ont été soumises au comité des chefs d’état-major pour décision. Le général de brigade Moussa Diallo, président de ce comité, a été explicite sur les objectifs : « Tous ceux qui viendront voudront s’en prendre à l’espace AES trouveront la force unifiée en face d’eux. Je pense que le message est clair et que tout le monde a pris acte. »
Une montée en puissance progressive depuis décembre 2025
La Force unifiée a été officiellement lancée le 20 décembre 2025 à Bamako, lors d’une cérémonie présidée par le général Assimi Goïta. Dotée à sa création d’un effectif de 5 000 soldats issus des trois armées nationales, elle avait été confiée au commandement du général burkinabé Daouda Traoré, avec un quartier général installé à Niamey. En février 2026, le président nigérien Abdourahamane Tiani avait annoncé une première augmentation à 6 000 hommes, accompagnée d’une réorganisation de la chaîne de commandement et du renseignement.
La force dispose de moyens terrestres, aériens et de renseignement. Les trois armées nationales menaient déjà des opérations coordonnées avant sa formalisation, comme l’opération Yéréko 2 conduite en mars 2025 dans la région de Tillabéri au Niger, qui avait permis de neutraliser des combattants affiliés à l’État islamique au Grand Sahara.
Les décisions du sommet directement répercutées sur le terrain
Le général Diallo a précisé que les travaux soumis ce 16 avril « vont permettre d’avoir un impact dans la conduite des opérations sur le terrain et permettre au commandant de la force unifiée de conduire sa mission ». Il a souligné que la montée en puissance de la force traduit une volonté d’exécuter concrètement les missions définies par les chefs d’État et les ministres de la confédération : « L’armée monte en puissance, notre armée, la force unifiée monte en puissance pour dire que dans tous les cas nous sommes là et que nous allons vraiment exécuter les missions qui seront déclinées. »
Ce sommet intervient dans un cadre de pression sécuritaire. Le JNIM, affilié à Al-Qaïda, et l’État islamique Province du Sahel continuent de mener des attaques dans la région. La confédération AES, issue du retrait collectif des trois pays de la CEDEAO formalisé en janvier 2025, a fait de cette force son principal instrument de défense régionale autonome.
La validation formelle du nouveau format à 15 000 hommes et le calendrier de déploiement des effectifs supplémentaires devraient être arrêtés à l’issue de la réunion du 17 avril.
