Affaire Kemi Seba : l'artiste togolais Zaga Bambo s'explique sur les échanges qui ont fuité

Sur sa page Facebook le 19 avril, l’artiste et militant togolais Zaga Bambo a publié une déclaration pour clarifier sa relation avec le panafricaniste Kemi Seba, dont l’arrestation en Afrique du Sud a relancé des questions sur l’origine des conversations enregistrées qui circulent actuellement. Bambo conteste toute implication dans la diffusion des échanges et dénonce une tentative de le rendre responsable de la situation du militant.

Arrêté le 14 avril à Pretoria en compagnie de son fils, Kemi Seba est poursuivi en Afrique du Sud pour facilitation d’entrée illégale au Zimbabwe. Il fait en parallèle l’objet d’une procédure d’extradition vers le Bénin, qui le recherche pour son soutien public au putsch manqué de décembre 2025. Sa comparution a été reportée au 20 avril.

Un échange critique en octobre 2025

Selon Zaga Bambo, le seul contact direct avec Kemi Seba remonte au début octobre 2025, via l’application Telegram, initié à la demande du panafricaniste par l’intermédiaire d’une connaissance commune. « Notre toute première et seule discussion remonte au début du mois d’octobre 2025, via l’application Telegram. Elle s’est faite à sa demande, par l’intermédiaire d’une connaissance commune », précise l’artiste togolais.

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L’objectif de cette conversation était clair : « J’ai accepté cet échange pour une raison claire : lui dire, sans détour, que son soutien au régime de Faure Gnassingbé est en contradiction totale avec les idéaux panafricanistes qu’il revendique. »

L’énigme de l’enregistrement et des fuites

Des fragments de cette conversation circulent désormais, détachés de leur cadre originel selon l’artiste. Zaga Bambo s’interroge sur les modalités d’enregistrement et de diffusion : « Comment cet échange s’est-il retrouvé enregistré ? Était-ce une habitude du frère KS d’enregistrer systématiquement ses entretiens à toutes fins utiles ? Je n’ai pas la réponse mais je m’interroge. »

L’artiste pointe du doigt les autorités : « Une chose est sûre : les différents services de police impliqués dans cette arrestation ont eu accès à ses téléphones et leur contenus parce qu’il y a eu beaucoup d’audio aussi et de conversation qui sont sortis de ses collaborateurs. »

Une diversion dénoncée

Zaga Bambo rejette catégoriquement toute responsabilité dans ces fuites. « Si j’avais été à l’origine de cette diffusion, je n’aurais jamais attendu. J’aurais assumé, j’aurais publié immédiatement, et en priorité les éléments qui exposent clairement les contradictions liées au régime de Faure Gnassingbé. »

Il accuse les services du président togolais Faure Gnassingbé de chercher à le désigner comme responsable de la situation de Seba : « Aujourd’hui, les services et proxy de Faure Gnassingbé tentent désespérément de me désigner comme responsable de la situation de Kemi Seba. C’est une stratégie de diversion grossière pour affaiblir la lutte. »

L’artiste martèle que son engagement principal demeure ailleurs : « Kemi Seba n’est pas mon combat. Mon combat vous le connaissez. Il est dirigé contre un système, contre une dictature d’une famille qui dure depuis plus d’un demi-siècle. » Aux côtés du mouvement M66 et des militants pour la justice au Togo, Zaga Bambo poursuit son action contre ce qu’il décrit comme un régime autoritaire consolidé depuis plus de cinquante ans.

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