Le ministère nigérien des Affaires étrangères a adressé, samedi 18 avril, un démenti aux interprétations circulant sur les réseaux sociaux concernant le retrait du passeport diplomatique de l’activiste panafricaniste Kémi Seba. Bakary Yaou Sangaré, ministre des affaires étrangères du Niger, a précisé sur Vox Africa que Seba détenait toujours ce document au moment de son interpellation en Afrique du Sud.
Cette clarification intervient après l’arrestation de Seba à Pretoria, le 15 avril, lors d’une tentative de passage illégal vers le Mozambique selon la police locale. Depuis, plusieurs sources médiatiques avaient rapporté que Niamey avait retiré le passeport diplomatique dans les 24 heures suivant son interpellation, alimentant la confusion sur le calendrier exact des événements.
Les précisions de Niamey
Selon Bakary Yaou Sangaré, « il est détenteur d’un passeport diplomatique quand il a été arrêté ». Le ministre a expliqué que Seba avait dépassé sa durée autorisée de séjour en Afrique du Sud. « Ce sont des situations qui arrivent », a-t-il déclaré, tout en précisant ne pas pouvoir justifier pourquoi l’activiste était demeuré plus longtemps que prévu.
Niamey a détaillé les circonstances de l’authentification du document. « C’est la République sud-africaine qui est venue vers nous parce qu’il est détenteur de son passeport et il voulait juste qu’on l’authentifie parce que ça peut être un faux document et on l’a fait », a indiqué le ministre. Il a confirmé que le passeport « a été régulièrement attribué à ce Monsieur ».
Sur la question de l’extradition, Sangaré a marqué une distinction importante. « La police ne nous a pas parlé d’extradition ou de quoi que ce soit », a-t-il assuré, précisant que les autorités sud-africaines ne l’avaient informé que d’un « séjour irrégulier ». Le ministre a aussi reconnu l’influence des réseaux sociaux dans les débats entourant l’affaire, notant qu’il « travaille avec les informations » officielles.
L’audience du 20 avril
L’incertitude demeure toutefois sur les suites judiciaires. Selon RFI, les autorités béninoises ont activé les canaux diplomatiques pour obtenir l’extradition de Seba, qui fait l’objet d’un mandat d’arrêt international émis le 12 décembre 2025. Cotonou l’accuse d’apologie de crimes contre la sûreté de l’État et d’incitation à la rébellion pour son soutien public au putsch manqué du 7 décembre.
Une première audience se tiendra le 20 avril devant les autorités sud-africaines. Niamey a indiqué que le sort exact de Seba se préciserait à cette date. L’activiste, qui avait perdu sa nationalité française en 2024, demeure en détention provisoire à Pretoria.



