Burkina : Traoré salue les relations avec le Togo et son rôle dans l'affaire Damiba

Le président burkinabè Ibrahim Traoré a exprimé jeudi 02 avril 2026, sa gratitude envers le Togo lors d’une interview à la télévision nationale, marquant le premier anniversaire de la Révolution Progressiste Populaire. Traoré a qualifié le pays voisin de « pays frère », soulignant son aide dans l’extradition de l’ancien président Paul-Henri Sandaogo Damiba.

Traoré lors de l’interview a déclaré : « Lorsque des gens cherchent à vous étouffer, à vous tuer, et qu’un frère peut vous aider, je pense que la fraternité ne dépasse pas cela. » Cette affirmation intervient quatre mois après l’extradition de Damiba depuis Lomé vers Ouagadougou.

L’extradition comme aboutissement logique

Le Burkina Faso avait demandé l’extradition de Damiba le 12 janvier 2026, quelques jours après la révélation d’une tentative de coup d’État déjouée le 3 janvier. Damiba, qui vivait en exil au Togo depuis son renversement en septembre 2022, a été interpellé à Lomé le 16 janvier avant d’être remis aux autorités burkinabè le 17 janvier.

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Selon la Cour d’appel de Lomé, l’extradition s’est effectuée dans le cadre de la coopération judiciaire entre États et du respect du droit. Le Burkina Faso a fourni des garanties relatives au respect de l’intégrité physique de Damiba et au droit à un procès équitable.

Traoré a reconnu l’impact de cette décision sur les relations bilatérales : « « Renforcé », c’est trop dire, c’était déjà fort. C’est une suite logique. Le Togo ne peut pas être en fraternité avec nous et laisser sur son sol quelqu’un qui cherche à détruire ses frères. »

Coopération militaire et rapprochement sans précédent

Le président a détaillé l’étendue de la collaboration avec Lomé, dépassant la simple assistance judiciaire. Les planifications militaires et les autorisations de franchissement des frontières, autrefois traitées au niveau présidentiel, sont désormais gérées localement, y compris au sein des écoles militaires respectives.

Traoré a souligné une « coopération très étroite » dans la lutte contre le terrorisme, confirmant que le Togo soutient le Burkina Faso sur les volets économique et défensif, notamment via le corridor maritime.

Damiba, accusé de détournement de deniers publics, enrichissement illicite, corruption et implication dans plusieurs tentatives de déstabilisation, demeure en détention au Burkina Faso. Traoré a précisé n’avoir pas rencontré l’ancien chef de l’État depuis son arrivée, affirmant que ce dernier répond de ses actes devant la justice, tandis que le Togo et le Burkina Faso poursuivent leur rapprochement institutionnel.

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