Le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Ryabkov s’est engagé à La Havane, à maintenir le soutien de la Russie à Cuba face à l’intensification des pressions américaines. Selon les informations relayées par l’agence Tass ce 10 avril, Ryabkov a participé à des consultations interministérielles avec les autorités cubaines et a rencontré le président Miguel Díaz-Canel dans le cadre d’une crise économique affectant l’île.
Une fraternité affirmée face aux menaces
Ryabkov a qualifié les relations russo-cubaines de « nature particulière » et s’est opposé à toute rupture de soutien. « La Russie ne peut pas simplement trahir Cuba, c’est complètement hors de question », a déclaré le diplomate russe lors d’une conférence de presse à La Havane.
Cette affirmation intervient alors que l’île fait face à une crise humanitaire. Depuis janvier 2026, l’administration Trump a bloqué les expéditions de pétrole vers Cuba, notamment après l’intervention militaire américaine au Venezuela en janvier qui a renversé le président Nicolás Maduro. Le pétrole vénézuélien représentait la principale source énergétique de Cuba. L’île souffre actuellement de coupures d’électricité, de pénuries de carburant et de ruptures économiques qui ont affecté les transports et les services publics.
Trump a menacé à plusieurs reprises une intervention directe contre le régime cubain, déclarant en mars disposer de l’intention d’opérer une « prise amicale » de l’île. Cette rhétorique s’est accentuée après les succès revendiqués par son administration en Venezuela et en Iran.
La Russie maintient sa présence régionale
Ryabkov a également clarifié la position russe sur l’hémisphère occidental. « La Russie ne quittera pas l’hémisphère occidental, quelle que soit l’opinion des États-Unis », a affirmé le vice-ministre. Moscou rejette explicitement la volonté américaine d’expulser l’influence russe de la région.
Ce déplacement russe vise à approfondir la coopération bilatérale, sur fond d’un isolement de plus en plus marqué de Cuba. En mars 2026, un pétrolier battant pavillon russe avait livré 100 000 tonnes de pétrole brut à La Havane, ce qui s’était traduit par une légère amélioration temporaire de la situation énergétique cubaine.
Le gouvernement cubain poursuit parallèlement des négociations avec Washington, sans pour autant accepter les termes d’une restructuration politique imposée par les États-Unis. Le soutien affiché de la Russie vise à renforcer la position de Díaz-Canel dans ces discussions tout en maintenant une contre-balance à la pression américaine.



