Des chercheurs de l’université du Queensland, en Australie, ont mis au point un questionnaire de cinq minutes destiné à identifier les adolescentes à risque d’endométriose dès leurs premières règles. L’outil, baptisé score SAFE (Simplified Adolescent Factors for Endometriosis), a été publié le 9 mars 2026 dans la revue eClinicalMedicine.
Six questions pour briser des années d’errance
Le score SAFE repose sur six questions portant sur la fréquence des douleurs pelviennes, le recours à des antalgiques, l’intensité des saignements menstruels, la présence de règles douloureuses et les antécédents familiaux de la maladie. Chaque réponse positive génère des points : plus le score est élevé, plus le risque d’endométriose est jugé significatif. Le médecin de première ligne dispose ainsi d’un critère objectif pour décider d’une orientation vers un spécialiste.
L’outil a été construit à partir des données de plus de 9 000 femmes issues de l’Australian Longitudinal Study on Women’s Health, une étude de cohorte de long terme financée par le gouvernement fédéral australien. «En détectant l’endométriose plus tôt — idéalement chez les adolescentes dès leurs premières règles — nous espérons réduire le délai diagnostique moyen de six à huit ans», a déclaré la Pre Gita Mishra, directrice du Centre de recherche sur la santé des femmes et des filles de l’université du Queensland.
Une maladie dont le diagnostic tardif aggrave les conséquences
L’endométriose touche environ 11 % des femmes en âge de procréer dans le monde, soit quelque 190 millions de personnes. Elle se caractérise par la croissance de tissu similaire à la muqueuse utérine en dehors de l’utérus, provoquant des douleurs chroniques, des saignements abondants et des troubles de la fertilité. Ces symptômes, souvent banalisés comme de simples douleurs menstruelles, retardent la consultation spécialisée.
Le diagnostic intervient généralement en fin de vingtaine, fréquemment lors d’un bilan d’infertilité, selon les données de l’université du Queensland. Ce délai prolongé entraîne des lésions tissulaires progressives, une dégradation de la qualité de vie et des traitements de fertilité moins efficaces. Endometriosis UK signale que 39 % des patientes ont dû consulter leur médecin généraliste dix fois ou plus avant que la maladie soit seulement suspectée.
Le score SAFE doit maintenant franchir l’étape de l’évaluation clinique pour mesurer son efficacité en conditions réelles. L’équipe du Queensland prévoit de tester l’outil dans des cabinets de médecine générale, en vue d’une éventuelle intégration aux protocoles de dépistage de première ligne.



