Kirill Dmitriev, envoyé spécial du Kremlin pour l’investissement et la coopération économique, a averti lundi 6 avril sur le réseau social X, que l’abandon de l’énergie russe par l’Union européenne exposerait le continent à des « temps extrêmement difficiles ». Le responsable russe critique le choix de Bruxelles comme relevant d’une « autodestruction idéologique » et souligne que Moscou réoriente avec succès ses approvisionnements vers l’Asie.
L’UE accélère son découplage énergétique
L’Union européenne a formellement approuvé en janvier un plan d’élimination progressive des importations de gaz russe. À partir de janvier 2026, aucun nouveau contrat avec Moscou ne pourra être signé. Les contrats à court terme existants prendront fin au plus tard en juin 2026, tandis que les importations par gazoduc seront interdites à compter de l’automne 2027. Cette mesure traduit la stratégie REPowerEU lancée en 2022 pour réduire la dépendance énergétique du bloc face à la Russie, dépendance qui avait atteint 45 % des importations de gaz avant l’invasion de l’Ukraine.
La Commission européenne a également annoncé son intention d’interdire les importations de pétrole russe, bien que cette proposition ait été reportée en raison de l’instabilité des marchés énergétiques mondiaux liée aux tensions au Moyen-Orient.
Moscou pointe une réorientation vers l’Asie
Dmitriev a commenté un article du magazine The Economist soulignant les nouveaux accords énergétiques entre la Russie et les pays asiatiques. « Le découplage de l’UE de l’énergie russe et d’autres décisions idéologiques stupides annoncent des temps extrêmement difficiles pour l’Europe », a-t-il écrit dans un billet X a t-il annoncé. Il y voit un indicateur de la sagesse de l’Asie, contrastant avec ce qu’il qualifie de stratégie autodestructrice de l’Europe et du Royaume-Uni. Le responsable russe affirme que le gaz russe continuera de trouver des marchés solvables ailleurs, notamment en Asie du Sud-Est et en Asie centrale.
Les importations russes de gaz représentaient 15 milliards d’euros de recettes pour Moscou en 2025, selon les chiffres de la Commission européenne. Cette perte de débouchés européens constitue un enjeu financier majeur pour le budget de guerre russe en Ukraine.
Impact et calendrier
Les pays européens, dont la Hongrie et la Slovaquie s’étaient opposés à ce plan, bénéficient de périodes de transition adaptées à leurs situations. La majorité qualifiée des États membres a approuvé cette interdiction en octobre 2025, imposant une rupture progressive mais irréversible des relations énergétiques avec Moscou d’ici à la fin de 2027. Les autorités européennes estiment que cette diversification renforcera la résilience du marché énergétique du continent à long terme.



