Financement libyen : la guerre est déclarée entre Nicolas Sarkozy et Claude Guéant

Nicolas Sarkozy a comparu mercredi 29 avril 2026 devant la cour d’appel de Paris dans le procès en appel sur les soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007. Confronté aux attestations écrites de son ancien directeur de cabinet Claude Guéant — absent pour raisons de santé —, l’ex-chef de l’État a publiquement contredit son ancien bras droit sur plusieurs points centraux du dossier.

Les deux hommes, condamnés en première instance à respectivement cinq et six ans de prison ferme pour association de malfaiteurs dans le cadre d’un supposé pacte de corruption avec la Libye de Mouammar Kadhafi, avaient tous deux fait appel de leur condamnation.

Guéant accuse par courrier, Sarkozy répond à la barre

Dans deux courriers datés des 11 et 26 avril, transmis à la cour par son avocat, Guéant a livré pour la première fois un récit inédit d’un dîner officiel tenu à Tripoli le 25 juillet 2007, au lendemain de la libération des infirmières bulgares détenues en Libye. Selon cette version, Sarkozy lui aurait demandé ce soir-là de recueillir auprès de Kadhafi sa préoccupation concernant Abdallah Senoussi, beau-frère du dirigeant libyen condamné en France à la réclusion criminelle à perpétuité pour l’attentat de 1989 contre le DC-10 d’UTA, qui avait coûté la vie à 170 personnes.

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À la barre, Sarkozy a rejeté cette version point par point. Il a affirmé que Kadhafi ne lui avait évoqué le cas Senoussi qu’en 2005, lors d’une visite effectuée en qualité de ministre de l’Intérieur, et qu’il avait alors opposé un refus catégorique. Sur le dîner de Tripoli, il a nié avoir donné quelque instruction que ce soit à son ancien collaborateur.

« Trois versions » : Sarkozy met en cause la cohérence de Guéant

Plutôt que d’accuser directement son ancien collaborateur, Sarkozy a adopté une ligne nuancée : « Je ne dis pas que M. Guéant ment, mais sa mémoire a pu évoluer. » Il a relevé des incohérences internes aux déclarations de Guéant : « Il y a eu trois versions chez Guéant. Est-ce probable ? Non. »

L’accusation soutient qu’un pacte de corruption a été conclu entre l’entourage de Sarkozy et les autorités libyennes, qui auraient financé la campagne présidentielle de 2007 en échange de contreparties diplomatiques et judiciaires. Les deux hommes démentent toute implication.

Le procès en appel se poursuit devant la cour d’appel de Paris. Aucune date de délibéré n’a été annoncée à ce stade.

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