Chaque année, plus d’un milliard de tonnes de nourriture sont jetées dans le monde. Un chiffre vertigineux, aux conséquences à la fois humaines, économiques et environnementales. Selon les données des Nations-unies, ce gaspillage représente jusqu’à 10 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, tout en équivalant à 1,3 repas perdu par jour pour chaque personne souffrant de la faim.
Face à cette situation, l’Onu appelle à une mobilisation globale, allant des politiques publiques aux pratiques des industries agroalimentaires, sans oublier les ménages, responsables d’environ 60 % du gaspillage. Selon l’Organisation des Nations-unies, des gestes simples, à l’échelle individuelle, peuvent significativement réduire ces pertes.
Des choix d’achat plus responsables
Le gaspillage commence souvent dès les courses. Acheter sans planification, céder aux promotions ou multiplier les achats impulsifs conduit à accumuler des produits qui ne seront pas consommés. Il faut planifier ses repas, dresser une liste de courses et vérifier le contenu de son réfrigérateur avant de se rendre au marché.
Adapter les quantités et valoriser les restes
En cuisine, préparer des portions adaptées permet d’éviter que des plats ne finissent à la poubelle. Les restes, souvent négligés, peuvent pourtant être réutilisés pour composer de nouveaux repas ou remplacer un achat futur.
Mieux conserver pour mieux consommer
Une bonne conservation des aliments est également déterminante. Les produits secs doivent être stockés dans des contenants hermétiques, les denrées périssables placées au frais, et les fruits et légumes conservés dans des conditions adaptées. L’application du principe « premier entré, premier sorti » permet de consommer en priorité les aliments les plus anciens.
Clarifier les dates de péremption
Une part importante du gaspillage est liée à une mauvaise compréhension des étiquettes. Contrairement à la mention « à consommer jusqu’au », qui indique une limite de sécurité, la mention « à consommer de préférence avant » renvoie uniquement à une qualité optimale. De nombreux aliments restent consommables après cette date, à condition de vérifier leur état.
Accepter les produits imparfaits
Près de la moitié des fruits et légumes produits dans le monde sont jetés, souvent pour des raisons esthétiques. Pourtant, une carotte difforme ou une pomme tachée conserve les mêmes qualités nutritionnelles. Encourager la consommation de ces produits dits « imparfaits » contribue à limiter les pertes tout au long de la chaîne alimentaire.
Partager les surplus
Lorsque la consommation prévue ne peut être assurée, le partage apparaît comme une solution efficace. Les dons à des proches, à des associations ou à des banques alimentaires permettent de valoriser les excédents et de soutenir les populations vulnérables. Par ailleurs, certains commerces proposent des invendus à prix réduit en fin de journée.
Composter pour limiter les émissions
Enfin, pour les déchets inévitables, le compostage constitue une alternative écologique. Contrairement aux décharges, où les déchets produisent du méthane en l’absence d’oxygène, le compost permet de recycler les nutriments et d’enrichir les sols. La lutte contre le gaspillage alimentaire est au cœur de la Journée internationale du zéro déchet, coorganisée par le Programme des Nations-unies pour l’environnement et ONU-Habitat. Cette initiative appelle citoyens, gouvernements et entreprises à adopter des solutions durables et à promouvoir des systèmes alimentaires plus responsables.
Dans cette dynamique, une nouvelle initiative internationale, « Food Waste Breakthrough », vise à réduire de moitié le gaspillage alimentaire d’ici à 2030, avec un objectif complémentaire de baisse des émissions de méthane.
Au-delà des engagements institutionnels, la réduction du gaspillage alimentaire repose aussi sur des gestes quotidiens. Une responsabilité partagée, où chaque action individuelle peut contribuer à un impact global.
