Guerre en Iran : comment Netanyahou a convaincu Trump, selon le New York Times

Le 7 avril 2026, le New York Times a publié une enquête détaillée sur les réunions qui ont conduit les États-Unis à entrer en guerre contre l’Iran le 28 février. Signée par les reporters Maggie Haberman et Jonathan Swan, l’enquête est tirée de leur livre à paraître, Regime Change: Inside the Imperial Presidency of Donald Trump, fruit de deux ans de travail et d’environ 1 000 entretiens.

Le 11 février dans la Salle de Situation

Tout commence le 11 février, lorsque le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou se présente à la Maison-Blanche pour un exposé confidentiel devant le président Donald Trump et un cercle restreint de hauts responsables. Sur les écrans derrière lui apparaissent le directeur du Mossad David Barnea et plusieurs officiers supérieurs israéliens. Netanyahou plaide pour une offensive conjointe : l’Iran, dit-il, est vulnérable militairement et intérieurement, son programme balistique peut être neutralisé en quelques semaines, et le détroit d’Ormuz resterait ouvert. Il propose également une liste de successeurs potentiels au régime des mollahs, dont Reza Pahlavi, fils du dernier shah d’Iran. Trump répond brièvement : « Ça me semble bien. » — une formule aussitôt interprétée par les Israéliens comme un feu vert de principe.

Des réserves écartées

Dès le lendemain, les agences de renseignement américaines tempèrent l’enthousiasme. Le directeur de la CIA John Ratcliffe juge les scénarios de changement de régime « farfelus ». Le secrétaire d’État Marco Rubio est plus direct, les qualifiant de « foutaises ». Le général Dan Caine, chef d’état-major interarmées, avertit Trump que la surenchère israélienne dans les évaluations stratégiques est, selon lui, une pratique habituelle. Le vice-président JD Vance — absent de la réunion initiale car en déplacement à l’étranger — met en garde contre un risque de chaos régional, un affaiblissement des stocks de munitions américains et une fracture dans la coalition politique de Trump. Aucun des conseillers n’oppose de veto formel. Lors de la réunion finale le 26 février, Vance réitère ses réserves mais indique qu’il soutiendra la décision présidentielle.

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Une décision fondée sur l’instinct

Le 27 février, à bord d’Air Force One, Trump signe l’autorisation définitive. Le lendemain, des frappes américano-israéliennes tuent le Guide suprême iranien Ali Khamenei. Selon le New York Times, Trump avait réduit ses objectifs à deux volets jugés réalistes par ses propres services : éliminer la direction iranienne et dégrader les capacités militaires du régime. Le changement de régime serait, dit-il, « leur problème ». Le conflit s’est depuis étendu au Liban, où plus de 1 500 personnes auraient été tuées depuis le 2 mars selon des bilans partiels.

Un cessez-le-feu provisoire de deux semaines entre Washington et Téhéran a été annoncé le 8 avril. Des négociations sur un accord de paix durable sont en cours, dont l’issue reste incertaine.

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